Plan antipauvreté : contre les pauvres

11 Juillet 2018

L’annonce des mesures du prétendu plan antipauvreté par le gouvernement a été reportée au mois de septembre. Au-delà des justifications données, passant de la qualification de l’équipe de France de football pour les demi-finales de la Coupe du monde à la finalisation des derniers arbitrages, ce report est bien significatif.

Pour Macron et ses ministres, les pauvres peuvent bien attendre, même pour bénéficier d’un repas correct à un prix accessible dans les cantines scolaires, contrairement aux plus fortunés pour lesquels il était urgent dès le début du quinquennat de supprimer l’impôt sur la fortune.

Au-delà des plans de communication du président des riches, ce qui se prépare est bien une attaque en règle contre tous ceux qui bénéficient des aides sociales, les jeunes en intérim, les femmes élevant seules leurs enfants, les personnes âgées aux pensions de retraite toujours plus réduites. La philosophie de Macron parlant du « pognon de dingue » qu’elles coûteraient a été traduite en terme simple par son ministre Darmanin : « Il y a trop d’aides sociales. »

En clair, le gouvernement s’apprête à faire des coupes massives dans ce qui revient aux plus pauvres dans le budget de l’État. Le tout est emballé dans des formules creuses sur le nécessaire accès universel des enfants aux crèches, des jeunes à la formation, ou sur « l’accompagnement vers l’emploi ». Mais d’autres déclarations annoncent d’une façon à peine voilée les prochaines attaques : contre les bénéficiaires du RSA qu’il faudrait plus rapidement accompagner vers l’emploi ; par des déclarations paternalistes écœurantes sur la nécessité de responsabiliser les plus pauvres ; par des doutes exprimés par de pseudo experts grassement rétribués sur l’efficacité de la prime d’activité ou encore de l’allocation spécifique de solidarité.

Même très limitées, même si elles ne permettent évidemment pas de trouver un travail, il est proprement scandaleux de vouloir baisser ces aides qui permettent à des millions de gens de survivre.

En décidant de baisser le budget des aides sociales, le gouvernement va en restreindre les conditions d’accès, en diminuer les montants et chercher à en réduire la durée. Il a déjà commencé à le faire avec les APL, bloquant leur montant après l’avoir réduit. Mais le gouvernement prévoit dès septembre de passer à la vitesse supérieure.

En réalité, ce pseudo plan antipauvreté ressemble surtout à un plan d’économies sur le dos des plus pauvres. Il ne fait que s’ajouter à l’ensemble des attaques qui conduisent l’ensemble du monde du travail vers un appauvrissement général, mais préparent aussi les explosions sociales de demain.

Gilles BOTI