Hôpital psychiatrique – Le Havre : Buzyn prend les “perchés” de haut

11 Juillet 2018

Lundi 9 juillet, une manifestation d’environ 400 personnes est partie en cortège de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre pour rejoindre la mairie où un conseil municipal avait lieu, barricadé derrière des barrières et des policiers. Si les manifestants n’ont pas été reçus, ils ont fait entendre leurs revendications.

Depuis le 16 juin, les salariés de l’hôpital multiplient les actions pour dénoncer les conditions indignes dans lesquelles ils travaillent et accueillent leurs patients. Dans cet hôpital, où 190 patients sont pris en charge à plein temps, les Urgences sont débordées, les malades entassés dans les chambres sur des matelas par terre, jusque dans des bureaux ou dans la salle télé, et le personnel est épuisé par la surcharge de travail. Les salariés revendiquent l’embauche des contractuels, de psychiatres, 50 postes supplémentaires, l’arrêt de la polyvalence qui empêche un suivi correct des patients, et l’ouverture d’une nouvelle unité de soins : des locaux refaits à neuf et vides sont déjà prêts à l’accueillir !

Comme la directrice de l’Agence régionale de la santé (ARS) refuse de se déplacer pour discuter de leurs revendications, sept salariés se sont installés sur le toit terrasse de l’hôpital depuis le 26 juin. Les « perchés », comme ils se nomment, sont soutenus par les autres salariés de l’hôpital qui organisent des actions. Et les marques de soutien s’affichent aussi aux fenêtres du quartier et sur les vitrines de commerçants, et provenant d’autres salariés. Tous voient que le manque de personnel et de moyens, ce sont aussi des problèmes qu’ils rencontrent dans les entreprises.

Jeudi 5 juillet, une cinquantaine de salariés sont allés interpeller la ministre Agnès Buzyn en visite à Caen. Celle-ci a fait un détour pour ne pas les entendre et elle a eu le front de dire à des journalistes qu’elle refusait de rencontrer des salariés ne s’inscrivant pas « dans une démarche de concertation » ! Vendredi 6, Martin Trelcat, le directeur général du groupe hospitalier du Havre concédait quelques mesures : l’ouverture d’un service de nuit (déjà décidée en 2016 mais jamais mise en œuvre), deux postes de plus aux Urgences et, de façon provisoire, un service dans un autre hôpital.

Mais le bras de fer n’est pas terminé : les perchés et le reste du personnel, sûrs de leur bon droit, ne comptent pas en rester là.

Correspondant LO