Toyota – Onnaing : Macron en visite publicitaire

24 Janvier 2018

Lundi 22 janvier, Macron est venu se montrer à l’usine Toyota d’Onnaing, près de Valenciennes, avant de réunir le soir à Versailles sa brochette de patrons de grands groupes mondiaux, pour leur vanter l’exploitation des travailleurs en France.

Toyota a ainsi bénéficié d’une publicité nationale quasi gratuite, car ce ne sont même pas les actionnaires qui paieront le déplacement de l’armada de policiers qui étaient présents depuis le matin.

La CGT avait décidé d’accueillir Macron devant l’usine, pour faire savoir tout le mal que les travailleurs pensent de sa politique antiouvrière. Beaucoup dans l’usine voyaient cela d’un bon œil. Mais Macron n’aime pas la contestation, ni dans l’usine, ni en dehors, pas plus que devant chez lui au Touquet. Le monde ouvrier ne lui convient que lorsqu’il est trié sur le volet, comme l’ont été les salariés qui ont été réunis dans une salle pour son discours.

Par contre, les filtrages et fouilles de véhicules par les policiers en nombre ont provoqué des bouchons et des retards considérables, jusqu’à deux heures pour ceux qui devaient prendre leur poste, mais aussi pour ceux qui sortaient, augmentant d’autant le mécontentement vis-à-vis de cette visite. Un comble dans cette usine où tout retard individuel, même minime, est sanctionné !

Très peu de militants CGT de l’extérieur ont pu atteindre la zone industrielle, une centaine ont été tenus à distance loin de Toyota. Quant aux militants CGT de l’usine, ils n’ont même pas pu rentrer. Ils ont été repoussés et retenus par la police à l’extrémité du parking avec ceux qui sortaient, jusqu’au départ de Macron !

Celui-ci a donc pu faire sa visite et son discours sans contestation, accompagné de chefs, de Borloo, de politiciens locaux complaisants et aussi de syndicalistes qui avaient pourtant fait campagne contre lui à la présidentielle. Macron est bien le président des patrons, qui vient se faire et leur faire de la publicité dans l’usine d’un groupe capitaliste riche à milliards.

Quelles sont les bonnes nouvelles annoncées à l’occasion par Toyota ? 700 emplois ? Mais toute une partie seront en fait des intérimaires embauchés en CDI. Et quelle sera la réalité de ces emplois, alors que l’usine comptait 3 300 travailleurs en CDI il y a quatre ans, contre 2 900 aujourd’hui, alors que la direction avait déjà annoncé il y a des mois qu’elle embauchait ?

Les quelques dizaines d’embauches ont été en fait largement noyées sous les licenciements individuels, notamment d’ouvriers usés par le travail, les cadences et les postes mal adaptés et surchargés.

Et puis au début de l’été 2017, juste avant les congés, la direction a obtenu la signature de plusieurs syndicats pour la mise en place d’un calcul triennal du temps de travail. Cela lui permettra de faire effectuer à moindres frais les travaux pour la nouvelle ligne, en évitant de payer le chômage pendant la fermeture et en imposant des heures supplémentaires gratuites quand ça l’arrangera.

Une autre « bonne nouvelle », connue depuis des mois, est l’annonce de 300 millions d’investissements destinés à produire un second véhicule. Mais toutes les entreprises sont bien obligées d’investir quand elles veulent sortir un nouveau produit. Cela ne représente que sept jours de bénéfice du groupe Toyota, sur les 15 milliards qu’il tire de l’exploitation de ses 300 000 salariés dans le monde.

En plus, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, s’est vanté à cette occasion que les cadeaux faits à Toyota avec l’argent public se montaient à 20 millions d’euros, dont 11 millions de la région, cinq de l’agglomération et quatre de l’État.

Les boniments de Macron et des patrons n’ont pas convaincu grand monde.

Correspondant LO