L’Île-Saint-Denis : l’éducation prioritaire… non prioritaire

24 Janvier 2018

Le 11 janvier, une bagarre générale a éclaté devant le collège Sisley de L’Île-Saint-Denis, en banlieue parisienne, au cours de laquelle deux surveillantes ont été frappées et blessées. La quasi-totalité des enseignants a alors décidé de cesser le travail. Ils réclament davantage de moyens humains : un CPE, trois surveillants, un classement en REP+ (éducation prioritaire renforcée).

Au cours d’une audience, la direction départementale de l’Éducation nationale a reconnu la légitimité de ces revendications, tout en refusant de dépenser un centime supplémentaire. L’arrivée récente de papier toilette dans les WC des filles a même été présentée comme le signe d’une évolution positive ! Quant à la promesse qui avait été faite d’un deuxième CPE lorsque les effectifs dépasseraient 400 élèves, ce qui est le cas, il a été expliqué que les engagements oraux n’ont pas de valeur.

Les enseignants ont donc logiquement poursuivi la grève, alertant les médias et les réseaux sociaux, mettant en ligne une vidéo et une caisse de grève. Ils se sont adressés aux parents, aux professeurs des écoles, à la mairie. Chaque matin, des parents sont venus devant le collège pour mener à bien une opération collège désert. Cette fois, l’Éducation nationale n’a pas regardé à la dépense, envoyant jusqu’à neuf vigiles d’une équipe mobile de sécurité.

Une délégation a de nouveau été reçue, après plus d’une semaine d’une grève largement majoritaire. Mais, une nouvelle fois, aucun moyen humain n’a été cédé, le ton de la hiérarchie étant même nettement plus méprisant. Les enseignants ont repris le travail, convaincus qu’il faudra une lutte beaucoup plus large pour contraindre le gouvernement à mettre les moyens nécessaires pour l’éducation dans les quartiers populaires.

Correspondant LO