PSA-Opel : même patron, même combat

15 Novembre 2017

Le patron de PSA Carlos Tavares a annoncé jeudi 9 novembre sa volonté de s’attaquer aux travailleurs d’Opel. Cette filiale européenne de General Motors a été rachetée cette année par PSA pour 1,3 milliard d’euros, ce qui n’empêche pas le groupe de prévoir plus de 2 milliards de profits. C’est dire que PSA n’est pas en difficulté.

Ces profits proviennent notamment de l’aggravation de l’exploitation des ouvriers. Plus de 20 000 suppressions d’emplois ont eu lieu ces dernières années, pour une production en augmentation (un million de véhicules contre 800 000). Pour y arriver, la direction a amplifié ses attaques. Les travailleurs subissent tous les jours les pressions, la violence des cadences insoutenables, auxquelles s’ajoutent des heures supplémentaires gratuites et en nombre. Et c’est bien entendu cette méthode que veut appliquer Tavares à Opel. Il a appelé Pace (vitesse ou allure, en anglais), son plan visant à économiser 700 euros par véhicule d’ici 2020. En langage ouvrier cela voudra dire : suppressions de postes, aggravation de la précarité et dégradation des conditions de travail.

Pour ce faire, les patrons ne manqueront sans doute pas de mettre en concurrence les ouvriers de France et des autres pays, en vantant la compétitivité des uns contre les autres. Tomber dans ce piège serait une erreur, tant les attaques sont similaires, la politique identique. Au contraire, c’est par des luttes collectives et solidaires que les travailleurs peuvent faire reculer la direction. Et dans ce combat, les 38 000 travailleurs d’Opel sont un soutien de poids.

Que les ouvriers décident de ne pas se laisser faire, de se défendre collectivement, c’est bien ce que craint la direction. C’est pour cette raison qu’elle mène la guerre aux militants combatifs, utilisant même la justice pour les contraindre. Ceux qui ne se résignent pas ont mille fois raison et ont droit au soutien de tous.

Marion AJAR