Industrie nautique : profits toutes voiles dehors

15 Novembre 2017

En Charente-Maritime, la construction de bateaux de plaisance emploie 4 000 salariés sur plusieurs gros chantiers représentant le dixième de l’effectif national.

Après le salon nautique de La Rochelle (Grand pavois), les entreprises affichent des carnets de commandes remplis à ras bord et des profits en hausse. Les vases communicants expliquent cela : l’augmentation des difficultés, voire de la misère, pour le plus grand nombre permet l’enrichissement de bourgeois qui peuvent dépenser plusieurs centaines de milliers d’euros, parfois plus d’un million, selon les modèles de bateaux de luxe.

Par exemple, à Dufour-Yachts, le recrutement a repris après la crise de 2008 et le profit net en 2017 devrait atteindre près de 5 millions d’euros, soit 1 090 euros par mois et par salarié.

Pour Foutaine-Pajot, l’entreprise du maire de La Rochelle, les profits ont été en 2016 de 6 millions d’euros, soit 1 106 euros par mois pour chacun des 456 salariés.

Les rachats et concentrations vont bon train à peu de frais. Ainsi, Nautitech à Rochefort, dont l’effectif va dépasser 200 personnes, a été racheté par Bavaria grâce à un prêt qu’il fait rembourser par le travail des salariés de l’entreprise. C’est dire que les banquiers sont d’accord avec Bavaria pour juger l’entreprise profitable.

Tous les patrons – les mêmes qui ont licencié des centaines de salariés dans les années qui ont suivi la crise de 2008 – y vont de leur couplet plaintif sur le fait qu’ils ne trouvent pas de main-d’œuvre qualifiée. Mais les salaires comme les conditions de travail sont des repoussoirs ! Et évidemment, il n’est pas question pour les patrons d’augmenter ces salaires ni d’investir pour améliorer la sécurité et les conditions de travail. L’intégralité du bénéfice va aux actionnaires et aux banques.

Même l’inspection du travail le note : partout ce sont les risques dus aux émanations de produits toxiques non correctement ventilées, aux poussières inhalées, aux positions de travail qui relèvent du contorsionnisme pour monter l’intérieur des bateaux, ou aux chutes. Et les cadences s’accélèrent avec le prétexte de l’augmentation des commandes.

Mais avec ces commandes et ces profits en hausse, les travailleurs sont en meilleure position pour exiger l’augmentation des salaires. Il faut aussi moderniser les aspirations, y compris sur les outillages portatifs, et dire stop à l’augmentation des cadences et aux modifications d’horaire. Les travailleurs ont le nombre et la force pour l’imposer.

Correspondant LO