Clichy : le maire en campagne contre les musulmans

15 Novembre 2017

Depuis le mois d’août, une grande banderole arborant « Stop aux prières de rue illégales » est suspendue au-dessus du boulevard Jean-Jaurès, à la hauteur de la mairie de Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine.

Pour donner plus de corps à sa campagne, le maire LR Rémi Muzeau (ancien suppléant de Patrick Balkany) aidé de la présidente du conseil régional Valérie Pécresse, accompagnés du ban et de l’arrière ban des élus de droite d’Île-de-France, n’ont pas hésité à descendre dans la rue. Vendredi 10 novembre, ils étaient quelques dizaines, drapés de bleu-blanc-rouge, à défiler pour demander… « qu’un sang impur abreuve nos sillons ».

Le maire tout comme l’ancien maire « socialiste » ont joué sur la multiplicité des associations marocaines pour s’attirer les bonnes grâces des unes face aux autres dans leur conquête de Clichy aux dernières municipales.

Dans plusieurs interviews, Rémi Muzeau comme Valérie Pécresse n’ont pas hésité à donner des arguments aussi mensongers que révélateurs de leurs réelles préoccupations. D’après eux, il y aurait « deux mosquées à Clichy » – ce qui est faux –, les prières de rues seraient illégales, ce qui est faux également puisque les processions religieuses sont permises, enfin les prêches seraient en arabe alors que ce serait interdit – ce qui est encore faux. Le maire décrit Clichy comme une ville « où il y a beaucoup de sièges sociaux…. comme L’Oréal, Amazon, Bic » et déplore « l’image que l’on donne de sa ville », ajoutant : « Lorsqu’on voit dans le monde entier cette image de Clichy, on ne supporte plus. » Il parle à la place des Clichois et leur fait dire qu’ils n’en peuvent plus. Il n’hésite pas à mettre de l’huile sur le feu en montant les uns contre les autres, en accusant « des gens qui bafouent la République », et en brandissant la peur du radicalisme.

C’est depuis la fermeture d’un lieu provisoire, accordé par l’ancienne municipalité et dont le bail expirait en mars dernier, que les prières ont commencé, au début dans la rue puis sur la place du marché le vendredi. Ouvrir un lieu de prières était d’ailleurs une promesse électorale de Rémi Muzeau.

Ces gens-là ne sont jamais avares de promesses pour se faire élire. Une fois élu, le maire a aussi remis en cause l’existence d’un centre de santé municipal accueillant jusqu’à 5 000 habitants, ainsi que celle de deux immeubles HLM de plusieurs centaines de logements. Enfin, pour ne pas être gêné lors des conseils municipaux par des habitants mécontents, il vient de décider de déplacer les réunions le matin.

Sa campagne mensongère lui a finalement permis d’entraîner quelques militants du Front national derrière lui… Normal, quand on va chercher ses arguments dans le caniveau.

Correspondant LO