13 novembre : pas de poignée de main à Macron

15 Novembre 2017

Michael Dias, le fils d’un chauffeur de bus qui a eu le malheur d’être la première victime des attentats du 13 novembre 2015, a refusé de participer comme l’an dernier aux cérémonies de commémoration. Il a tenu a en expliquer ainsi les raisons dans une lettre ouverte, disant notamment :

« J’ai décidé (…) de ne pas saluer le président de la République, qui depuis son élection agit envers les victimes du terrorisme comme avec les plus défavorisés de notre pays, d’une façon tout simplement méprisante et inacceptable (...) en supprimant tout d’abord le Secrétariat d’État qui leur était dédié ; puis récemment en réduisant les aides à certaines catégories de victimes, (…) parlant désormais de l’aide aux victimes comme s’il s’agissait d’un acte de charité, quand celle-ci devrait être vue, au contraire, comme une prise de responsabilité de ces mêmes politiques et de cet exécutif forcément héritier, envers ces vies brisées, du fait de leur propre action (…) : guerres qu’ils ont provoquées au service des lobbys (construction, énergie, armes), (...) manque de cohésion sociale dont ils sont également à l’origine. »

« Anatole France a un jour dit à propos de la guerre, que l’on croit mourir pour la patrie mais on meurt en réalité pour des industriels. 100 ans plus tard le terrorisme revisite cette maxime. »

Michael Dias constate aussi dans cette même lettre : « Le début du quinquennat d’Emmanuel Macron s’est aussi placé sous le signe de la stigmatisation des plus précaires.

De la réduction des APL, en passant par le mépris envers les ouvriers “qui foutent le bordel”, les fainéants incapables de se payer un costard, les illettrés (...). Toutes ses sorties médiatiques sont une occasion pour Emmanuel Macron de dire son mépris de classe. »

Le geste de Michael Dias est un geste de dignité face à un gouvernement qui, selon ses termes, « prône plus de liberté pour les capitaux, les délocalisations et les marchandises et toujours plus d’aliénation et d’exploitation pour les travailleurs ; justifie les coupes budgétaires dans l’éducation, la sécurité et la santé au prétexte d’une rationalité économique restant à démontrer et contre laquelle je vous invite tous à vous opposer. »