SNCF -- Triage de Woippy (Moselle) : accident ou politique criminelle ?

20 Janvier 2012

Un agent de manoeuvre a été très grièvement blessé sur le triage SNCF de Woippy, le soir du 12 janvier. À 62 ans, il travaillait seul sur les voies à accrocher les wagons de fret. Le convoi lui serait passé dessus, sectionnant une jambe et le blessant si sérieusement à l'autre qu'elle a dû être amputée à son arrivée à l'hôpital.

Immédiatement, le directeur du Fret de la région a dégagé la responsabilité de la SNCF, déclarant : « L'agent se trouvait entre deux wagons en marche, il ne devait pas se trouver là. » Faire le travail sans se trouver sur le lieu du travail, il n'y a bien qu'un haut directeur pour tenir de tels propos.

La CGT de son côté a rappelé que cet ouvrier, qui travaillait sur le triage depuis vingt-sept ans, « était un homme expérimenté, qui devait prendre sa retraite dans les prochains jours », mais que, dans ce triage comme dans tant d'autres, les effectifs ne cessent de diminuer. 64 postes sont en cours de suppression sur 185 à Woippy.

Il est révoltant de constater combien ces opérations dangereuses, comme celle de manoeuvrer des wagons de 15 tonnes, sont laissées à la charge d'hommes isolés, dans une insécurité totale, alors que la direction de la SNCF prétend faire de la sécurité une de ses préoccupations principales. Et si le travailleur accidenté était encore sur les voies d'un triage, à atteler des wagons à l'âge de 62 ans, c'est parce que la SNCF emploie aux travaux parmi les plus ingrats essentiellement des immigrés du Maghreb, qu'elle a été chercher dans les années 1970 dans les campagnes de leurs pays, pour les exploiter sans leur donner les conditions d'embauche, de salaire et de retraite des travailleurs de nationalité française. Aujourd'hui encore, ils sont plus d'un millier à travailler dans ces conditions à la SNCF...

Cet accident relève entièrement des choix, donc de la responsabilité de la SNCF.

Lucienne PLAIN