Clermont-Ferrand : après la bavure policière 4 000 manifestants pour exiger la vérité

20 Janvier 2012

Samedi 14 janvier, une nouvelle manifestation a été organisée par le collectif Justice et dignité pour Wissam, au départ de La Gauthière, quartier de Clermont-Ferrand où le drame s'est déroulé. 4 000 manifestants ont défilé jusqu'à la préfecture.

Les avocats de la famille ainsi que le père et le frère de Wissam, battu à mort par des policiers le soir de la Saint-Sylvestre, sont intervenus pour exiger que justice soit rendue, expliquant leurs raisons de douter de la façon dont l'enquête est menée. En effet les résultats de l'autopsie, effectuée en dehors de Clermont-Ferrand, tardent. La famille va demander une contre-autopsie. Beaucoup de rumeurs ont été répandues par les médias au sujet de Wissam, vite démenties par l'entourage et différents témoignages. Le ministre de l'Intérieur Guéant s'était empressé de couvrir les policiers en déclarant qu'ils n'étaient pas responsables, avançant des conclusions avant même un semblant d'enquête.

Quant au préfet, son premier geste n'a pas été d'essayer de connaître la vérité, mais de déployer plus de 400 policiers, gendarmes et CRS, aidés par deux hélicoptères. Comme si le quartier était une zone de non-droit. Ce dispositif complètement démesuré rend la vie impossible aux habitants : le tramway ne circule plus à partir de 21 heures dans cette zone, les vols d'hélicoptères avec projecteurs directionnels empêchent de dormir, les policiers armés jusqu'aux dents patrouillent sans arrêt dans les cités, mêmes celles qui sont en dehors du lieu du drame. Quelques jeunes, qui ont réagi en brûlant des voitures, sont passés en comparution immédiate et ont été condamnés, contrairement aux policiers qui ont frappé Wissam, qui ne sont même pas suspendus mais ont été mis en congé.

Les manifestants du 14 janvier étaient venus des quartiers populaires de Clermont-Ferrand, ouvriers de chez Michelin comme le père de Wissam, maintenant retraité, et beaucoup de femmes se sentant solidaires de la mère de Wissam. Les jeunes ont tenu à ce que la manifestation se déroule dignement, organisant un service d'ordre.

Au même moment, le groupe d'extrême droite Bloc identitaire avait décidé d'organiser un rassemblement devant la préfecture pour soutenir la police. Le rassemblement a été interdit par le préfet.

D'autres manifestations auront sans doute lieu à l'initiative du collectif, pour exiger la vérité sur la mort de Wissam et la fin de ce dispositif policier disproportionné. Comme l'indique une des banderoles, « Guéant doit admettre que la police a tué ».

Correspondant LO