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Municipales 2026
Arles
Anne Testut pourfend la guerre et le capitalisme

Extraits
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C’est une liste de 45 femmes et hommes "fiers" d’appartenir au monde du travail et à la classe ouvrière, qui a été déposée jeudi 19 février à la sous-préfecture d’Arles. "Elle est constituée de caissières, de femmes qui font de l’aide à domicile, d’ouvriers notamment dans les plateformes logistiques, cite comme exemples Anne Testut, numéro un de la liste Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs, elle-même employée dans un commerce. Une liste internationaliste, communiste et révolutionnaire qui s’assume en tant que telle dans un contexte de "guerre sociale" en train de glisser vers "une guerre tout court". Et de fustiger le discours militariste ambiant, ne donnant comme seul avenir à la jeunesse de "mourir pour la patrie. En réalité, ils mourront pour les industriels dans une guerre qui n’est pas la nôtre." C’est au fil des rencontres sur le marché et dans les cages d’escalier, que le parti d’extrême gauche a recruté quasiment la moitié de ses candidats arlésiens.
"Ça nous tient à cœur parce que ces travailleurs et ces travailleuses font tourner toute la société et il est temps qu’ils relèvent la tête et prennent la parole dans les luttes mais aussi aux élections", explique Anne Testut. Et d’interroger : "Vous avez déjà vu un actionnaire ou un grand patron travailler, vous ?" Et quitte à faire "tout fonctionner", pourquoi ne pas "tout diriger collectivement", soulève la candidate trotskiste qui souhaite voir les travailleurs se réapproprier "cette conscience politique" et l’idée selon laquelle ils peuvent "changer la société capitaliste fondamentalement et se débarrasser du salariat".
Un projet global qu’Anne Testut inscrit pleinement dans la campagne des municipales sans forcément le décliner à l’échelle locale, dans un programme structuré comme la plupart des autres candidats. Transports, écoles, logement, services publics… si la candidate identifie les sujets, elle remet en question la capacité des communes à agir réellement.
"Le problème, c’est que les maires vont devoir faire des choix parce que les budgets sont contraints. Soit pour les écoles, soit pour les logements, soit pour les crèches… parce que l’État se désengage de plus en plus et laisse les municipalités gérer la misère." Ce que refuse la tête de liste qui dénonce des "faux choix alors que la guerre est proche. On ne veut pas balancer un écran de fumée sur le pouvoir qu’à un maire dans une petite commune", argumente-telle. "Dans cette période de pénurie, parce que les élections arrivent, on fait croire aux gens que tout ce qu’on n’a pas pu faire avant, on va le faire maintenant", complète son binôme Guy Dubost, numéro deux sur la liste.
Sur la sécurité aussi, les candidats de Lutte ouvrière ont un discours dissonant. "Il n’y avait pas de narcotrafic avant dans les cités, quand les gens avaient du travail, constate Anne Testut. On pourra mettre tous les policiers qu’on veut, ça ne marchera pas. Le vrai problème est l’emploi. Si on partageait le travail entre tous avec des salaires qui permettent de vivre, le trafic de drogue s’évaporerait. C’est la responsabilité du patronat de ne pas embaucher les gens correctement."
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