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- Lutte ouvrière n°2998
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Dans les entreprises
Groupe Arc
maître-chanteur et licencieur
Le siège social du groupe Arc se situe à Arques, dans le Pas-de- Calais, tout comme son principal site de production qui réunit plus de 3 500 salariés, chiffre auquel il faut ajouter les intérimaires.
Mercredi 7 janvier, en guise de vœux pour la nouvelle année, les actionnaires ont annoncé la mise en redressement judiciaire du groupe qui serait en « cessation de paiement ». Ils vont ainsi pouvoir se débarrasser des dettes de l’entreprise et même faire payer les salaires et les indemnités de licenciement par l’État. Mais, s’ils ont mis la trésorerie de l’entreprise dans le rouge, les actionnaires ont personnellement des centaines de millions d’euros de fortune privée. Elle a été accumulée grâce à l’exploitation des salariés, à l’augmentation de la productivité et à la baisse des effectifs, à la vente de secteurs de l’entreprise, de terrains, de biens immobiliers. Ils ont aussi grassement profité de l’argent public, au moins 255,5 millions d’euros pour les cinq dernières années.
Plusieurs repreneurs se sont déjà déclarés, preuve qu’il y a de l’argent à gagner, contrairement à ce que les actuels actionnaires ne cessent de rabâcher. Un projet de reprise est porté par Patrick Puy, un mercenaire du patronat spécialisé dans les plans de licenciements. DRH du site Arc dans les années 2010, il s’était illustré par des centaines de suppressions d’emplois. Récemment, il a été responsable des milliers de licenciements dans le groupe Vivarte (La Halle, André, Kookaï…).
Un autre projet de reprise est celui d’un héritier de la famille Durand, famille propriétaire d’Arc jusqu’à sa revente en 2015. Pour l’occasion, il fait équipe avec un héritier d’une autre famille de bourgeois du Nord, les Mulliez (groupe Auchan, Décathlon...). Ce duo d’héritiers, qui a l’exploitation dans le sang, semble avoir les faveurs de l’État et de la Région. L’héritier Durand a déjà rencontré les syndicats et se livre à un odieux chantage : soit tous les syndicats signent un « pacte social », soit il ne reprend pas l’usine. Il prévoit jusqu’à 900 licenciements et, pour les travailleurs qui resteraient dans l’usine, il exige des garanties (signées par les syndicats) de flexibilité et de mobilité.
Depuis des mois déjà, une grosse pression est exercée sur les travailleurs pour tout accepter : revenir travailler sur des jours de repos, changer d’horaires, de secteur, de poste… Une grande partie de la hiérarchie ne rechigne pas à menacer et à sanctionner pour le moindre prétexte. Tout cela est accompagné par une propagande expliquant que les travailleurs vont devoir accepter des sacrifices parce que l’entreprise irait mal.
Pour les travailleurs, la situation n’est pas simple car ils ont des ennemis de classe à combattre et ils doivent également réussir à passer par-dessus tous les arguments destinés à les convaincre qu’il est préférable d’accepter les licenciements et les nouveaux sacrifices plutôt que de voir l’usine fermer. Les plans des actuels et des futurs actionnaires visent à diviser les travailleurs, entre ceux qui vont rester à l’usine, ceux qui vont être licenciés, ceux qui vont partir à la retraite, etc. En effet, les patrons ne voudraient pas avoir à affronter plusieurs milliers de travailleurs en colère !