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États-Unis
la police assassine
Après le meurtre commis par la police de l’immigration ICE dans un quartier de Minneapolis, les protestations se sont multipliées dans de nombreuses villes des États-Unis.
Au cours d’une descente dans ce quartier, un agent de l’ICE a tiré trois fois sur le véhicule de Renee Good, une mère de famille de 37 ans, et l’a tuée. Immédiatement les plus hautes autorités ont couvert le tireur. Le vice-président, Vance, lui a promis une « immunité absolue », accusant la victime de terrorisme. La porte-parole de la Maison Blanche a assuré « les braves agents de l’ICE du soutien plein et entier du gouvernement, y compris l’agent qui, à Minneapolis, était absolument dans son bon droit d’user de légitime défense contre une folle qui faisait partie d’un groupe organisé pour s’opposer à nos opérations ». Peu importe que la victime ait dit « je ne suis pas en colère contre vous » à l’agent qui l’avait interpellée et ait commencé à dégager sa voiture de la rue occupée par l’ICE, quelques secondes avant d’être assassinée.
Le FBI a immédiatement écarté la police locale de l’enquête et semble surtout vouloir incriminer Renee Good plus que le tireur. Trump, quant à lui, a changé plusieurs fois de version : après avoir menti en disant qu’elle avait renversé un agent, puis qu’elle était « très violente et très radicale », il a justifié ainsi son meurtre : « Elle était très irrespectueuse de la police. »
Depuis juillet, lorsque les agents de l’ICE, masqués, habillés et armés comme des militaires en opération, ont été envoyés dans des quartiers populaires à la recherche de tout ce qui ressemble de près ou de loin à des travailleurs sans papiers, ils ont tué au moins douze autres personnes dans des circonstances similaires. Le lendemain du meurtre de Minneapolis, d’autres agents de l’ICE ont blessé par balle, à Portland, deux Vénézuéliens, dont l’un a été jeté en prison, accusé d’avoir voulu renverser un policier.
La réaction du pouvoir aux manifestations de protestation de Minneapolis a été d’envoyer un millier de policiers fédéraux en renfort des deux mille qui sillonnaient déjà l’agglomération depuis quelques semaines, soit cinq fois plus en tout que les effectifs de la police locale. Depuis la révélation de fraudes aux allocations durant la pandémie dans cette région où beaucoup de Somaliens ont émigré, la chasse aux Somaliens, accusés en bloc de tous les crimes, est ouverte. Le procureur démocrate de l’État du Minnesota a eu beau dénoncer le fait que « les gens sont profilés racialement, harcelés, terrorisés et molestés », cette opération de l’ICE est la plus importante à ce jour.
Le soutien de l’équipe de Trump aux policiers de l’ICE, même dans le cas d’assassinat, et les renforts envoyés à Minneapolis sont un message d’intimidation à tous ceux qui protestent régulièrement aux États-Unis contre cette politique anti-immigrés. Pourtant l’hostilité à celle-ci se manifeste continuellement. Ainsi des réseaux de voisins s’organisent pour s’avertir de proche en proche par sifflets dès que l’ICE est aperçue dans leur quartier. Ces réseaux d’organisations locales, s’ils se généralisent, pourraient être un véritable obstacle au rouleau compresseur mis en route depuis la Maison Blanche.