Stellantis Mulhouse : Un mort de trop30/06/20262026Brèves/medias/breve/images/2026/06/Voitures_port_Vigo.jpg.420x236_q85_box-92%2C253%2C948%2C735_crop_detail.jpg2026-06-30

Brève

Stellantis Mulhouse

Un mort de trop

Illustration - Un mort de trop

Jeudi dernier, sur un parking de chargement de véhicules sur le site de Stellantis de Mulhouse, un chauffeur espagnol est tombé de son camion d'une hauteur d'environ quatre mètres. Deux jours plus tard, il succombait à ses blessures. Ce drame n'est pas une fatalité : il est le résultat de conditions de travail toujours plus dégradées. Il y a environ un an un chauffeur était mort d'une crise cardiaque dans sa cabine de camion. Les deux chauffeurs avaient autour de soixante ans.

Les chauffeurs qui transportent les voitures sont de véritables forçats de la route. Ils passent cinq à six jours loin de chez eux, dormant dans leur cabine sur des parkings ou des aires d'autoroute, mangeant comme ils peuvent entre deux chargements. Beaucoup roulent avec des camions dont la climatisation est défectueuse. Rien que sur les sites de Mulhouse et de Sochaux, des dizaines de véhicules seraient concernés.

En plein été, les voitures stationnées sur les parkings atteignent plus de 50 °C. C'est dans ces conditions que les chauffeurs montent et descendent des véhicules, à plusieurs mètres de hauteur, avant de reprendre des heures de conduite. Sur les site de Stellantis, les chauffeurs n'ont pas forcément accès à des locaux climatisés pour récupérer. À Mulhouse, ils ne peuvent pas prendre de douche, et même pour accéder aux toilettes c'est compliqué.

Pour les directions, l'essentiel est que les voitures soient livrées à l'heure. Quand les conditions deviennent dangereuses, elles se contentent du minimum, préférant maintenir l'activité plutôt que de protéger les travailleurs. Pourtant, lorsqu'il n'est plus possible de travailler en sécurité, la production devrait être arrêtée sans que les salariés perdent un centime de salaire.

Nous venons travailler pour gagner notre vie, pas pour la perdre. Face à cette logique où les profits passent avant la sécurité, les travailleurs n'ont qu'une seule force : leur solidarité et leur mobilisation. C'est le sens de l'appel à la grève sur le site de Mulhouse toute la semaine dernière. Des dizaines de salariés se sont emparés de cet appel, pour prendre des pauses supplémentaires et dénoncer les mauvaises conditions de travail. Mais il  faudra être beaucoup plus nombreux et déterminés pour imposer de vrais changements à la direction.

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