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Leur société
TotalEnergies : profits gigantesques, impôts minuscules
L’Observatoire international de la fiscalité, dirigé par l’économiste Gabriel Zucman, vient de publier une étude qui pointe les méthodes d’optimisation fiscale des entreprises pétrolières.

Le groupe TotalEnergies a répondu par un communiqué pour expliquer que, s’il paie peu d’impôts en France, c’est parce qu’il n’y fait pas de bénéfices.
À croire que, s’il entretient un tel réseau de stations-service en France, c’est par pure charité pour les consommateurs de ce pays ! De fait, les comptes officiels du groupe affichent depuis de nombreuses années des pertes sur son activité en France. Pour cette raison, TotalEnergies n’a pas payé l’impôt sur les bénéfices des sociétés depuis 2019, sauf une faible contribution de 19 millions d’euros en 2022. Ce groupe, parmi les plus puissants du CAC 40 et qui a déclaré, à l’échelle mondiale, plus de 15 milliards de dollars de bénéfices sur la seule année 2025, a également échappé à la taxe sur les surprofits créée en 2024 et reconduite en 2025.
Selon les dirigeants de TotalEnergies, le groupe n’a rien à se reprocher, car il paie des impôts là où il réalise ses bénéfices, « très majoritairement dans les pays où l’entreprise produit de l’énergie » comme le Nigeria ou la Norvège. Ces honnêtes gens attirent moins l’attention sur la Suisse, pays où sont déclarés chaque année environ 30 % des bénéfices du groupe. Aucun puits de pétrole n’y a jamais été foré, mais le taux d’imposition des bénéfices y est particulièrement faible ; c’est dans ce pays que sont enregistrées les filiales de TotalEnergies spécialisées dans le négoce d’hydrocarbures, produits par d’autres filiales du groupe ou par d’autres entreprises.
Comme toutes les multinationales, TotalEnergies joue en fait sur des montages financiers et des échanges comptables entre les centaines de filiales qui constituent le groupe pour localiser ses profits là où ils sont le moins imposés, en particulier dans les paradis fiscaux. Cette gymnastique parfaitement légale permet au groupe d’échapper largement à l’impôt, tandis que les consommateurs, eux, paient des taxes sur le moindre litre de carburant.
Bien entendu, les autorités françaises n’y ont jamais vu de problème et TotalEnergies peut bénéficier du soutien diplomatique et militaire de l’État dans ses entreprises nationales et internationales sans pour autant avoir à mettre la main à la poche pour financer ledit État. C’est aussi cela, le paradis capitaliste !