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- Lutte ouvrière n°3011
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SNCF – Lyon : suppressions de postes inacceptables
La journée de grève organisée vendredi 10 avril au TER dans la région Auvergne-Rhône-Alpes a été un succès. Les contrôleurs étaient en grève à 90 % à Lyon Perrache et à 70 % à Lyon Part-Dieu, pour protester contre le passage en EAS (Équipement Agent Seul) de la ligne Mâcon – Lyon – Valence.

Concrètement, il s’agit pour la SNCF de faire rouler les trains sans nécessairement un contrôleur à bord, avec à la clé 25 suppressions de postes. Les contrôleurs refusent d’être mutés d’office au Péri-Urbain, c’est-à-dire dans des brigades dont la seule mission est de traquer les fraudeurs, avec des rythmes de travail encore plus intenses. Ils sont attachés aux missions de sécurité et de renseignement envers les voyageurs qui font actuellement partie de leur travail. L’incendie qui a éclaté dans un train précisément sur la ligne concernée, le 26 mars, est dans toutes les têtes : 25 personnes ont été intoxiquées par les fumées, une a fini à l’hôpital. Quel aurait été le bilan s’il n’y avait eu personne dans la rame pour aider à évacuer ?
Les contrôleurs ne sont pas les seuls concernés par cette attaque. Les conducteurs, qui se retrouveront seuls à bord en cas d’incident, sont aussi visés. Plus largement, cette attaque s’inscrit dans un plan d’ensemble pour supprimer toujours plus de postes.
Depuis plusieurs semaines, c’est le sujet de discussion en salle de pause. La CGT, Sud Rail et la CFDT ont posé un préavis pour le 10 avril, mais l’appel a été relayé au-delà des militants syndicaux. Des travailleurs du rang, y compris non- syndiqués, sont allés s’adresser aux cheminots d’autres gares concernées, comme Valence.
Une assemblée générale a réuni 80 grévistes, essentiellement de Lyon Perrache, mais aussi de la Part- Dieu. Au-delà des contrôleurs, dix conducteurs étaient présents, ainsi que des agents d’escale, tous contents de se retrouver ainsi mélangés. Le mécontentement est général, et plusieurs ont affirmé que pour gagner, la grève doit s’étendre. Une prochaine journée de grève a été votée pour le 23 avril, puis une quinzaine de grévistes sont partis tourner dans la gare pour discuter et entraîner dans la mobilisation les conducteurs, les contrôleurs déjà passés en brigade, les agents d’escale, etc.
La SNCF a fait 1,8 milliard de bénéfices en 2025 mais elle en veut toujours plus. Cette journée réussie doit être un point de départ, car c’est bien la mobilisation la plus large et la plus déterminée des travailleurs, tous secteurs confondus, qui peut la forcer à retirer son projet.