RN : normalisation sauce bourgeoise15/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P6-1_Arnault_Le_Pen_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C885%2C498_crop_detail.jpg2026-04-15

Leur société

RN : normalisation sauce bourgeoise

Le 7 avril, Marine Le Pen a été l’invitée d’un dîner organisé par le club Entreprise et Cité, auquel participaient Bernard Arnault et une quinzaine de dirigeants parmi les plus puissants du CAC 40. Un véritable entretien d’embauche.

Illustration - normalisation sauce bourgeoise

Autour de la table d’un prestigieux restaurant de la capitale se trouvaient, aux côtés de Bernard Arnault, propriétaire de LVMH et homme le plus riche de France, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, Catherine MacGregor, dirigeante d’Engie, et celui d’Accor, Sébastien Bazin, Jean-Dominique Senard, président de Renault, sans oublier un héritier de la famille Bolloré.

Pendant des décennies, le RN a cherché à se donner l’image de défenseur des classes populaires, celle d’un parti antisystème. Marine Le Pen s’est présentée aux élections à Hénin-Beaumont, dans le bassin minier, se posant en porte-parole des ouvriers frappés par les fermetures d’usine, sans jamais dénoncer le grand patronat licencieur et en pointant toujours du doigt la concurrence étrangère. Cela lui a permis de trouver une audience électorale en profitant du discrédit des autres partis. Mais cela obtenu, les dirigeants du RN, qui veulent gouverner, ont besoin de la reconnaissance des milieux patronaux. En 2025, le RN était ainsi invité pour la première fois à l’université du Medef.

Cette « normalisation » qui consiste à tisser des liens avec les milieux dirigeants du capitalisme français n’est pas un revirement politique. Le RN a toujours eu des attaches dans les milieux bourgeois, catholiques traditionalistes et réactionnaires. Mais l’élection présidentielle approche, et avec elle les choses sérieuses. Le RN sait qu’il lui faut la bénédiction de la grande bourgeoisie, et fait ce qu’il faut pour lui montrer patte blanche.

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