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Dans les entreprises
Contrats courts : au bonheur des patrons
Patrons et syndicats se sont quittés jeudi 9 avril sur un constat d’échec lors des négociations sur les contrats courts, qui explosent ces dernières années.
Cela fait des mois que les « partenaires sociaux » discutent : les patrons voudraient voir disparaître les quelques règles qui les empêchent de multiplier ces contrats courts, les syndicats voudraient au contraire un cadre plus restrictif.
Selon l’Unedic, l’organisme qui gère l’assurance chômage, 77 % des embauches en 2024 ont été en CDD de moins d’un mois. Les contrats courts, voire très courts, tendent à devenir la norme : sur 46,2 millions d’embauches en 2024, seules 4,4 millions ont été en CDI. Et c’est sans compter les stagiaires, les apprentis ni les autoentrepreneurs, dont une partie travaille en fait pour de grandes entreprises.
Concrètement, de nombreuses équipes sur des chantiers, dans des usines, et même des bureaux sont constituées en quasi exclusivité de travailleurs temporaires.
Ces contrats de travail saisonniers ou intérimaires ou CDD sont des aubaines pour les patrons. Beaucoup de salariés sont repris plusieurs fois de suite, parfois des années, sur le même emploi. Les salaires restent au plancher, puisqu’il n’y a quasiment aucune ancienneté prise en compte et qu’il y a moins de primes. Les salariés ne sont payés que le temps où ils sont utiles. Le patronat peut ainsi faire fluctuer son personnel à moindre coût, en faisant supporter à l’Unedic l’indemnisation des périodes de chômage entre les contrats.
Embauchés en CDI ou avec un contrat précaire, tous les travailleurs sont indispensables au fonctionnement de la société. La précarité qui pèse sur tous est inacceptable.