Sans-logis : La misère n'est pas moins pénible au soleil...22/08/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/08/une2299.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sans-logis : La misère n'est pas moins pénible au soleil...

Début juillet, les associations d'aide aux sans-logis avaient tiré la sonnette d'alarme. Avec les températures caniculaires de fin août, elles dénoncent une situation qui n'a fait qu'empirer.

Interviews de sans-logis, déclarations de responsables associatifs, enquêtes de quotidiens : tous les témoignages concordent pour constater que, quelle que soit la région, ce sont plus de 70 % des appels au 115 qui restent sans solution cet été. Cela alors qu'en hiver la moitié des appels aboutissent.

Un paradoxe ? En réalité, tout concourt à aggraver la situation.

D'abord, dès le 15 mars, les expulsions locatives reprennent. Et, alors qu'en hiver ce sont surtout des personnes seules qui se retrouvent à la rue, avec les beaux jours on voit, en plus, des familles entières privées de logement venir demander un hébergement d'urgence.

Or rien n'est prévu, bien au contraire, pour faire face à cet afflux de demandes. Et c'est à juste titre que les associations dénoncent ce qu'elles appellent une « gestion saisonnière » de la situation. En effet, durant l'hiver, les pouvoirs publics ouvrent des centres d'hébergement, débloquent certains moyens financiers, matériels et humains. C'est souvent insuffisant ou inadapté, mais cela a le mérite d'exister alors que, dès que le thermomètre remonte, on supprime ces dispositifs dits exceptionnels.

Alors, en été, nombre de centres d'hébergement doivent fermer, faute de subventions, faute de personnel, ou les deux. Ainsi, à Rouen, des salariés du secteur médical et médico-social, épaulés par des associations d'aide aux sans-logis, en sont réduits à occuper des locaux disponibles -- car récemment fermés faute de moyens -- pour tenter de faire face. Ailleurs, comme à Amiens, ceux qui aident les SDF se mobilisent pour leur fournir des tentes, faute de mieux. À Toulouse, ils ont dû réquisitionner un bâtiment inoccupé par l'État.

L'urgentiste Patrick Pelloux l'a rappelé récemment : « Dans la rue, on meurt davantage l'été que l'hiver. » Même son de cloche à la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale quand, dans son communiqué sur le 115, elle s'écrit : « Vivement l'hiver ! » Un comble.

Et un constat accablant pour ces prétendues politiques d'aide aux sans-logis qui réduisent le nombre des centres d'hébergement d'urgence et laissent à la rue de plus en plus de gens.

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