Un « versement transport » bien insuffisant05/11/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/11/une2101.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Un « versement transport » bien insuffisant

L'un des arguments utilisés par les patrons pour refuser la perspective de payer une prime transport est qu'ils contribuent déjà - trop largement, estiment-ils naturellement - au développement des transports collectifs. Ils paient en effet une taxe appelée versement transport (VT), proportionnelle au nombre de salariés qu'ils emploient. Cette taxe est dérisoire (de 0,5 à 2,5 % de la masse salariale), mais sans elle il serait tout simplement impossible aux collectivités locales de développer un tant soit peu un réseau de transports collectifs.

En réalité, les patrons ont bien des astuces pour échapper au paiement du VT : en effet celui-ci ne s'applique qu'aux entreprises installées sur un « périmètre de transport urbain », et est reversé à la collectivité concernée. Il suffit donc - et bien des patrons ne s'en privent pas - d'installer son entreprise à l'extérieur de ce périmètre, parfois à quelques centaines de mètres... et le tour est joué ! Ils profitent du système de transport collectif de l'agglomération, sans en payer le prix, et les salariés font la dernière étape à pied.

Un certain nombre d'élus réclament donc que le VT soit perçu non pas par les communes mais à l'échelle des régions, et redistribué ensuite aux agglomérations. Ce ne serait que justice... mais cela va, n'en doutons pas, donner à la patronne du Medef une belle occasion de jouer son sketch sur le thème « Vous voulez la mort des entrepreneurs. »

Partager