Assistance Publique - HP : L'administration gère la pénurie par les heures supplémentaires18/08/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/08/une1985.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Assistance Publique - HP : L'administration gère la pénurie par les heures supplémentaires

Une des mesures de prévention du plan canicule du ministère de la Santé est l'autorisation donnée aux établissements de déroger au plafond des dix heures supplémentaires mensuelles.

Depuis des années, pour pallier le manque de personnel, l'encadrement hospitalier mettait la pression dans certains services pour trouver des volontaires pour faire des heures supplémentaires.

Dans les faits, cela se traduit de différentes façons. Soit l'agent double sa journée en effectuant seize heures environ d'affilée, dont huit heures supplémentaires. Soit il pose un repos supplémentaire lié à des jours fériés et vient travailler dans son service, ou dans un autre, ou sur une autre équipe.

De plus en plus de personnels demandent à faire des heures supplémentaires. Parfois, des syndiqués et même des délégués syndicaux s'inscrivent pour en faire. On peut dire que c'est passé dans les moeurs au point que demander à récupérer en temps de repos un jour supplémentaire, qui a été travaillé par nécessité de service, paraît singulier aux yeux de certains cadres.

Le recul du pouvoir d'achat se chiffre de 6 à 7% depuis l'année 2000 dans la fonction publique et il n'est pas étranger au choix de demander à faire des heures supplémentaires. Pour une aide-soignante qui débute à 1380 euros ou une infirmière débutante à 1440 euros par mois, il est parfois difficile de joindre les deux bouts, comme pour un certain nombre de travailleurs.

Voilà pourquoi les heures supplémentaires sont considérées par beaucoup comme une aubaine, parfois aléatoire d'ailleurs car l'administration les paie avec deux mois de décalage, sans compter les oublis.

Laissons à Sarkozy ses discours sur le droit «de travailler plus pour gagner plus». Des générations de travailleurs se sont battues pour obtenir la réduction de la durée de la semaine de travail. Le progrès social n'est pas de travailler plus pour gagner tout juste de quoi vivre.

Dans les années soixante-dix, un groupe de syndicalistes et d'économistes avaient démontré qu'il suffirait d'un travail de deux heures par jour de toutes les personnes en âge et en état de travailler pour subvenir aux besoins de la population mondiale. Trente-six ans après, on en est à imposer des journées de travail interminables dans les hôpitaux... et ailleurs.

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