CNE : Les licenciés attaquent31/05/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/06/une1974.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

CNE : Les licenciés attaquent

Une travailleuse embauchée en contrat nouvelles embauches dans une entreprise de l'Isère a obtenu gain de cause devant les Prud'hommes de Grenoble.

Elle avait été licenciée quelques jours après avoir réclamé, à la suite d'une visite à la médecine du travail, un siège adapté à son mal de dos. Le licenciement a été jugé «dépourvu de causes réelles et sérieuses» et l'employeur condamné à 1500euros de dommages et intérêts.

Ce n'est pas la première fois que les patrons qui ont embauché en CNE sont condamnés. Le 24 avril dernier, le conseil des prud'hommes de Longjumeau a même déclaré le CNE illégal selon les critères de l'Organisation Internationale du Travail. Un texte de cette organisation stipule en effet qu'il faut «un motif valable de licenciement» et que, même s'il existe des exceptions, la période d'essai doit être «raisonnable». Les Prud'hommes ont jugé, à juste titre, que deux ans d'essai, c'était tout à fait déraisonnable!

Plus d'une centaine de dossiers CNE vont se retrouver devant les Prud'hommes dans les prochains mois pour licenciement abusif, ici, d'une femme enceinte, là, d'un travailleur ayant réclamé le paiement de ses heures supplémentaires. Les petits patrons ont pris au mot la propagande gouvernementale sur ce contrat, outil miracle censé combiner l'emploi et la «flexisécurité», et ils l'appliquent à tout-va. Les différentes condamnations à quelques milliers d'euros vont peut-être en faire réfléchir certains. Les autres, plus prudents ou mieux conseillés, s'en trouvent fort bien.

Les syndicats invitent les licenciés à attaquer en justice, avec raison. De là à penser qu'on puisse «avoir la peau du CNE juridiquement», il y a une marge.

Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, promet de faire une évaluation de ce dispositif en juin, mais dément vouloir le modifier sur le fond. Et de toute façon, l'arsenal de la précarité est bien fourni en contrats en tout genre.

Alors, assigner les patrons aux Prud'hommes, c'est bien; leur préparer un mouvement social qui les fera reculer vraiment, ce serait encore mieux.

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