Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre (vieux) : Et malade28/08/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/08/une1830.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre (vieux) : Et malade

Un ou trois pour cent de baisse d'impôt? C'est ce dont décidera bientôt le gouvernement, sous prétexte de relancer l'économie et la consommation des ménages.

Tous les calculs effectués par le SNUI (Syndicat national unifié des impôts) montrent que la baisse profitera, on s'en doutait, aux plus gros contribuables. Les deux millions de foyers dont le revenu imposable est inférieur à 15000 euros gagneront 10 à 27 euros, selon que la baisse sera de 1% ou de 3%. Les deux millions de contribuables aux revenus compris entre 15000 et 50000 euros gagneront de 125 à 415 euros. Cela coûtera au budget de l'État, selon qu'il s'agira d'un ou de trois pour cent, entre 600 millions et 1,8 milliard d'euros dont 1,2 seront récupérés par les contribuables des deux tranches les plus élevées.

Voilà qui n'augmentera pas vraiment la consommation de masse! Cela permettra sans doute à ces ménages aisés d'épargner davantage, de faire éventuellement quelques bonnes affaires en Bourse ou, mieux et plus sûr, de prêter à l'État, via les banques et moyennant intérêts bien sûr, l'argent dont il leur aura gentiment fait cadeau.

Quant au budget de l'État, il verra son déficit augmenter, c'est-à-dire très concrètement qu'il y aura moins d'argent pour les services publics, la santé, l'éducation, la culture. Circonstances obligent, le gouvernement promet, en même temps que les baisses d'impôt, le déblocage de crédits, entre autres pour améliorer le sort des personnes âgées. Mais au moment où Hubert Falco, secrétaire d'État aux Personnes âgées, réclame 250 millions, Chirac et Raffarin envisagent d'en donner cinq ou six fois plus aux contribuables aisés. On voit où sont les priorités.

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