Agriculture et sécheresse : Tous les secteurs ne sont pas sinistrés28/08/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/08/une1830.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Agriculture et sécheresse : Tous les secteurs ne sont pas sinistrés

Les organisations agricoles réclamaient une aide de 1 milliard d'euros pour compenser les pertes de revenus dues à la sécheresse. Le gouvernement vient de leur annoncer le déblocage d'un acompte de 500 millions, pris sur l'argent des contribuables.

L'essentiel de ces aides (180 millions) ira alimenter le Fonds national de garantie des calamités agricoles chargé d'examiner les dossiers déposés par les agriculteurs des 55 départements sinistrés. Mais il y a fort à parier que ces indemnisations ne profiteront pas aux "petits", qui en ont le plus besoin. Ne serait-ce que parce que pour pouvoir prétendre au Fonds de garantie, il faut avoir souscrit une assurance contre les autres calamités, ce que ne peuvent pas faire les exploitations les plus fragiles.

Dans l'agriculture et l'agro-alimentaire, si la sécheresse a fait le malheur de certains céréaliers, aviculteurs, éleveurs ou pisciculteurs, qui ont parfois perdu en quelques jours un an de travail, la canicule a fait aussi l'affaire de quelques gros producteurs et grands groupes.

Ainsi, les géants qui se partagent le marché des eaux minérales enregistrent un bond de 25% pour les eaux gazeuses et de 53% pour les eaux aromatisées. Les fabricants de glace aussi se frottent les mains avec une augmentation des ventes atteignant 30%. D'autres, comme les grands groupes qui contrôlent la production de sel, ont bénéficié d'une récolte précoce et plus abondante. Quant aux gros viticulteurs du Bordelais, de Bourgogne ou de Champagne, ils affichent des mines réjouies; s'ils s'attendent à des rendements un peu inférieurs, ils espèrent se rattraper avec des prix en augmentation de 20 à 30% pour le millésime 2003.

Sans parler de ceux qui, vendeurs de fourrage et transporteurs, profitent de la situation pour vendre encore plus chèrement leurs services.

Pour tous ces grands de l'agro-alimentaire et de la grande distribution, l'été exceptionnel devrait se traduire par une flambée des profits. Ce sont eux qu'il faudrait mettre à contribution pour venir en aide aux petits paysans.

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