Nestlé (Beauvais, 60) : Chômage partiel et bénéfices records20/08/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/08/une1829.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nestlé (Beauvais, 60) : Chômage partiel et bénéfices records

Dans une revue interne récemment distribuée avec la fiche de paie aux salariés du groupe, Nestlé a publié ses résultats 2002. Tant au plan mondial qu'à l'échelle plus modeste de Nestlé-France, les chiffres avoisinent des records.

L'ensemble des 250000 salariés répartis dans 500 usines Nestlé dans le monde a permis au groupe de réaliser en 2002 un chiffre d'affaires de près de 61 milliards d'euros, en progression de 8,3%. Le bénéfice net s'est élevé à 5,16 milliards d'euros, soit une augmentation de 16,5% par rapport à 2001. Le bénéfice net consolidé de Nestlé-France a été de 63,7 millions d'euros, soit «une progression double de celle de 2001».

Rapporté au nombre de salariés de la totalité du groupe, le bénéfice mondial représente 1680 euros par mois et par salarié, soit 11000 francs mensuels. Ainsi, officiellement, chaque salarié rapporte plus que sa propre paye aux actionnaires de Nestlé, parmi lesquels Liliane Bettencourt, la première fortune de France. En 2000, le bénéfice par salarié était de 10000 F, et de 8000F en 2001.

Pendant la même période, à l'usine Nestlé de Beauvais, il y a eu 168 suppressions d'emplois, dont 14 licenciements secs, ramenant les effectifs de l'entreprise à moins de 700 personnes, contre 2500 dans les années quatre-vingt. Et depuis un an, la direction du secteur surgelés de l'usine, où sont fabriqués les plats cuisinés de marque Maggi, impose chômage partiel sur chômage partiel: trois semaines à l'automne dernier, puis une semaine de fermeture en février, à prendre sur nos congés payés.

Depuis, chacun a subi entre un et quatre jours de chômage par semaine, en étant souvent prévenu la veille pour le lendemain. Et la direction envisage de continuer ainsi jusqu'à la fin de l'année 2003. Une fois éclusés les jours de RTT, les récupérations diverses, cela fait des trous de 1000 F à 2000 F sur des payes d'à peine 7000F!

Les cadences sont par contre maintenues à un train d'enfer, du côté des surgelés comme du côté des crèmes glacées où sont produites les glaces Gervais. Aux crèmes glacées précisément, on a travaillé le samedi par roulements depuis le début de l'année jusqu'en juin. Après quinze jours d'accalmie, la direction a demandé des volontaires pour travailler trois samedis en juillet, suite à une commande imprévue.

L'usine de Beauvais n'est qu'une petite unité dans l'immense groupe Nestlé, mais les méthodes qui y règnent illustrent la manière dont sont obtenus les 5,16 milliards d'euros de bénéfices.

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