Afghanistan : Les exactions des chefs de guerre et le régime mis en place par les Etats-Unis07/08/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/08/une1827.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Afghanistan : Les exactions des chefs de guerre et le régime mis en place par les Etats-Unis

Voilà près de deux ans que l'armée américaine a bombardé l'Afghanistan, sous prétexte que les talibans protégeaient des terroristes islamistes comme Ben Laden. Ce régime religieux digne du Moyen Âge s'est alors effondré, il a été remplacé par un gouvernement soutenu par les États-Unis. En réalité, le pouvoir de ce gouvernement n'a guère dépassé les limites de la capitale Kaboul. En dehors, ce sont des chefs de guerre qui dominent.

L'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) vient de faire un bilan de la situation. Elle dénonce l'impunité des chefs de guerre et l'impuissance, voire la complicité du gouvernement d'Hamid Karzaï. Sont fréquemment mis en cause les ministres de la Défense et de l'Éducation. Pourtant, ils font partie d'un groupe d'anciens mujahidins alliés de l'ancien commandant Massoud, qui combattaient les talibans...

Dans et hors de Kaboul, les journalistes subissent menaces, arrestations, harcèlement, si bien qu'il leur est difficile voire impossible de critiquer certains dirigeants du gouvernement central, certains chefs locaux, chefs militaires ou groupes intégristes.

HRW dénonce aussi des cas d'intimidations politiques et de détentions arbitraires d'opposants, torturés dans les prisons privées de certains commandants.

Des militaires sont accusés de se livrer à des vols, des extorsions en toute impunité car la nouvelle police afghane, formée avec l'aide de l'Allemagne, n'ose pas intervenir contre des commandants militaires.

Comme sous le règne des talibans, il arrive que des soldats, des policiers battent et arrêtent des musiciens jouant pour des mariages, des gens regardant des cassettes vidéos ou dansant.

Bien évidemment, dans une société livrée à un tel arbitraire et à une telle violence, les femmes sont les premières victimes. Beaucoup de femmes disent que, légalement, plus rien ne les empêche d'étudier, de travailler, plus rien ne les oblige à porter une burka pour sortir ou à être accompagnées d'un membre de la famille de sexe masculin. Pourtant, la plupart avouent qu'elles ne le font toujours pas, en particulier dans les zones rurales, parce qu'elles ont été menacées par des hommes.

Cette vie recluse a des conséquences sur la santé: les femmes accèdent plus difficilement aux soins médicaux, accouchent à la maison. L'Unicef estime qu'une femme sur six risque de mourir en accouchant.

C'est en dehors de Kaboul que la vie est la plus dangereuse. Ces régions sont sous la coupe de chefs de guerre dont le comportement vis-à-vis des femmes n'est pas bien différent de celui des talibans; parfois même, les autorités en place sont les mêmes que sous le régime des talibans. D'où le risque de viols, en particulier pour les femmes appartenant à des minorités ethniques. Des femmes, des filles sont violées dans leur maison, à l'occasion de vols à main armée le soir ou la nuit.

À cela s'ajoutent la situation économique catastrophique et les combats perpétuels entre groupes armés et donc la misère qui pousse un certain nombre de familles à marier leur fille même très jeune pour obtenir une dot.

Et dire que Bush prétendait non seulement combattre le terrorisme mais se vantait aussi d'apporter la liberté aux hommes et surtout aux femmes d'Afghanistan en les délivrant de l'oppression des religieux talibans...

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