PDG... de la prison à la prise de conscience !08/02/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/02/une1750.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

PDG... de la prison à la prise de conscience !

Avec la multiplication des "affaires", la prison accueille depuis quelques années des hôtes de marque. Issus des cercles dirigeants du pouvoir, anciens PDG ou anciens élus soupçonnés de malversations et mis en détention, supportent plus ou moins bien la chose.

Voilà qui a même donné à certains de ces anciens détenus une vocation militante à leur sortie. Ils sont devenus d'ardents dénonciateurs du système pénitentiaire et de la brutalité des gardes à vue, réclament "l'amélioration des conditions de détention, matérielles mais surtout psychologiques", et ont créé pour cela le groupe Mialet.

A la tête de cette association, fondée en juin 1999 et regroupant 150 membres dont 25 encore sous les verrous, on rencontre, entre autres, Loïk Le Floch-Prigent ancien PDG d'Elf, ex président de la SNCF et 28 fois mis en examen dans l'affaire Elf, Jean-Jacques Prompsy, ancien directeur à la Lyonnaise des Eaux et mis en cause dans les affaires Carignon d'entente sur le marché public de l'eau, ou Jean-Michel Boucheron, ancien maire d'Angoulême et condamné pour abus de bien social. Que du beau monde !

Le 7 février était prévu un colloque à Paris, organisé par le groupe Mialet, avec des représentants des partis politiques et des candidats à l'élection présidentielle pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice, les mises en détention provisoires trop longues, le manque d'alternative à la prison et réclamer l'amélioration des conditions de détention.

Ces revendications ont certainement un fondement... Mais on ne peut que se dire que si ces gens-là n'avaient pas eux-mêmes fait un jour les frais d'un système pénitentiaire dans lequel ils espéraient ne jamais échouer, ils ne se seraient sans doute jamais émus du sort des détenus "ordinaires" comme ils le font aujourd'hui.

Quand ils étaient aux commandes, ils approuvaient tout-à-fait le système défendant la propriété privée et punissant les contrevenants à ses règles, quitte à "broyer" comme ils le dénoncent aujourd'hui "indistinctement les innocents et les coupables".

Des PDG, des défenseurs de l'ordre établi qui prennent conscience de l'horreur du système carcéral...le séjour en prison est-il donc parfois moins inutile qu'on ne le dit ?

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