Peugeot licencie plus de 1 000 intérimaires09/11/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/11/une-1738.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Peugeot licencie plus de 1 000 intérimaires

A Sochaux, les chaînes de fabrication tournent avec 50 % d'ouvriers intérimaires, pour fabriquer les 307, 406 et 607. Mais la direction a annoncé son intention de licencier 1 300 intérimaires en octobre et novembre.

Pourtant, les derniers modèles de la marque volaient de succès en succès. La direction envisageait même de mettre en place de nouveaux horaires pour faire produire 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour le deuxième trimestre 2002.

Mais ces dernières semaines, la direction a commencé à expliquer que la conjoncture devenait plus "contrastée", "moins lisible", avec "une visibilité de plus en plus réduite". Dans ce brouillard automnal, la direction des relations humaines a vite réagi. Premièrement, on annonce : "la prudence". Deuxièmement : on déprogramme les "samedis (programmés) travaillés". Troisièmement : "décrutement" des intérimaires.

Parce que chez les DRH, on ne licencie pas, on "décrute". Mieux, on aide les intérimaires à trouver leur chemin vers la sortie. On leur remet en effet une lettre de recommandation, comme quoi ils ont bien travaillé plus de six mois à Sochaux en donnant toute satisfaction. En bref, ils sont priés d'aller se faire voire ailleurs. Traduction en langage DRH : "Il y a une réelle volonté d'accompagner les intérimaires en fin de mission". Comme dit la CFTC, qui, elle, accompagne beaucoup le patron : "L'intérim, c'est le premier pas vers l'embauche".

En attendant, dans l'usine, la maîtrise se charge d'expliquer aux intérimaires pourquoi ils ne peuvent pas être embauchés en CDI. Les "raisons" sont multiples. Par exemple, les tests qu'ils ont passés ne sont pas bons. Ils étaient assez bons pour travailler ces derniers mois, mais pas assez pour travailler dans les mois qui viennent.

Il y a maintenant des intérimaires qui n'ont plus de contrat, et que la maîtrise laisse dans l'incertitude. Ils viennent travailler chaque jour sans savoir s'ils travailleront encore le lendemain.

Tous les jours, des intérimaires sont licenciés. Certains disent qu'ils ne voulaient, de toute façon, pas rester. Mais la plupart sont plus qu'amers, après avoir espéré jusqu'au bout une embauche. Dans l'usine, personne n'est dupe, les ouvriers assistent impuissants pour le moment à ces licenciements, mais demain, ce désarroi pourrait très vite se transformer en colère.

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