Israël - Les révélations de Shimon Pérès : La France a donné la bombe atomique à Israël09/11/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/11/une-1738.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël - Les révélations de Shimon Pérès : La France a donné la bombe atomique à Israël

Dimanche 4 novembre, la télévision israélienne a diffusé un reportage de 80 minutes pour expliquer comment le gouvernement du socialiste Guy Mollet avait passé en 1956 un accord secret avec le gouvernement israélien dans lequel l'engagement de son armée contre l'Egypte, laquelle venait de nationaliser le canal de Suez, était assorti de la mise à disposition d'Israël des moyens de fabriquer la bombe atomique.

Cette révélation, car c'en est une, dans une émission de télévision où Shimon Pérès, travailliste et numéro deux du gouvernement de Sharon, s'explique longuement et donne une série de détails, n'est certainement pas une banale émission "historique". Pendant des années le gouvernement israélien a nié avoir la bombe atomique, et a gardé ce secret d'Etat, même vis-à-vis de son protecteur, les USA. En 1986, un scientifique israélien qui avait transmis au journal anglais le Sunday Times un simple croquis et une photo de l'usine de Dimona en Israël, là où se trouve le site atomique israélien, a payé très cher cette indiscrétion. Les services secrets, le Mossad, l'ont enlevé à Rome où il résidait et ramené en Israël où il a été condamné à 18 ans de prison, qu'il purge encore à l'heure actuelle.

Secret d'Etat hier, mais sujet d'une émission télévisée aujourd hui ! Les révélations de Shimon Pérès, qui mettent en lumière la duplicité des gouvernements socialistes comme des gaullistes ne peuvent qu'embarrasser et le gouvernement Jospin et le chef de l'État.

C'est à la veille de l'intervention militaire franco-anglaise contre l'Egypte pour tenter de reprendre le contrôle du canal de Suez que Nasser venait de nationaliser que cet accord secret entre le gouvernement de Guy Mollet et celui de Ben Gourion fut signé.

En effet, pour les aider dans leur entreprise de rapine, les deux puissances impérialistes sollicitèrent Israël pour que son armée joue le rôle de fer de lance contre l'Egypte. Et, marchandage pour marchandage, le gouvernement sioniste du travailliste Ben Gourion demanda à la France, sachant que les autres puissances nucléaires refuseraient, la construction d'un réacteur nucléaire et les aménagements nécessaires pour construire la bombe atomique. Shimon Pérès, à l'époque directeur général du ministère de la Défense, joua un rôle clé dans les négociations qui aboutirent à l'accord de Sèvres en octobre 1956.

Cet accord fut honoré, ironie de l'affaire, non seulement par Mollet, mais aussi par de Gaulle, après son arrivée au pouvoir, jusque dans les années 1960, jusqu'à la maitrise par Israël de la construction de la bombe atomique. Le côté grotesque de cette affaire, c'est qu'au même moment de Gaulle faisait de grandes déclarations s'affirmant l'ami des pays arabes, condamnait la politique sioniste, arrêtait démonstrativement la livraison d'armes à Israël - pour la remplacer par de plus lucratives ventes d'armes aux pays arabes - alors même que les techniciens et les ingénieurs du Centre de l'Énergie Atomique français allaient très secrètement en Israël, pour mettre au point la fabrication de la bombe atomique.

Il aura donc fallu le contexte d'un règlement de compte inter-États pour que Shimon Pérès mette en lumière les mensonges avérés que les gouvernants français ont servi aux peuples pendant des années.

Rappelons que des tractations secrètes, dans le dos des peuples, avec Israël comme partenaire, avaient été révélées lors de l'Irangate : il s'agissait des livraisons d'armes que les États-Unis faisaient opérer par l'intermédiaire d'Israël pour le compte du gouvernement classé officiellement comme ennemi numéro un des USA, l'Iran.

Et c'est au nom de ces mensonges permanents d'Etat qu'on demande aux peuples de faire des sacrifices qui peuvent aller jusqu'à celui de mourir "pour la patrie", c'est-à-dire pour les intérêts du moment des banquiers et autres industriels.

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