Espagne : Élections au parlement régional de Galice09/11/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/11/une-1738.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Dans le monde

Espagne : Élections au parlement régional de Galice

En Espagne, les élections du dimanche 21 octobre au Parlement régional de Galice ont donné une nouvelle fois la majorité absolue à Fraga Iribarne, ex-ministre franquiste, président du Parti Populaire, le parti de droite au pouvoir à Madrid, qui gouverne cette région depuis 1989.

Dans l'opposition figuraient le Bloc Nationaliste Galicien (BNG), le Parti Socialiste et Esquerra Unida, version galicienne de la Gauche Unie qui s'organise autour du Parti Communiste Espagnol. L'extrême gauche, parmi laquelle se trouve la Ligue Communiste Révolutionnaire, militait au sein du Bloc nationaliste composé de nationalistes radicaux, de partis sociaux-démocrates et des partis de la droite nationaliste. A ses origines, le Bloc mettait en avant le droit à l'autodétermination de la Galice et combattait le statut d'autonomie en vigueur jugé trop favorable au pouvoir central de Madrid. Aujourd hui ce Bloc a modéré son langage et s'est rapproché des positions des partis nationalistes basques et catalans de droite. Il se réclame d'un vague réformisme en mettant en avant le plein emploi, la modernisation des secteurs productifs de l'économie et la diminution des inégalités entre les régions. Le leader du Bloc, José Manuel Beiras, professeur d'université, se présentait comme l'anti-Fraga et bénéficie d'une certaine popularité.

L'objectif des partis d'opposition était d'empêcher Fraga d'avoir la majorité absolue et de faire émerger une nouvelle "majorité sociale et progressiste". Mais aucun parti n'a cherché à exprimer les problèmes et les revendications des classes pauvres de cette région marquée par les plans de reconversions industrielles, par le déclin de la pêche.

Terre d'émigration, la Galice avec ses 2,8 millions d'habitants compte 25 % de personnes de plus de 65 ans. Les régions rurales, où domine la petite propriété et où subsistent de nombreux petits villages, ont toujours été des fiefs d'une droite marquée par le clientélisme et la toute puissance de notables réactionnaires. Les secteurs traditionnels de la pêche et de l'industrie laitière sont en déclin. Les chantiers navals de El Ferreol, tout comme l'industrie automobile de Vigo, le sont aussi.

Les résultats des élections du 21 octobre montrent la démoralisation des classes populaires. Alors que la droite a fait le plein des voix, l'abstention a atteint le taux de 35,8 %, de 2 % supérieur à celui de 1997, tandis que les votes blancs se sont multipliés. Le Bloc nationaliste a le plus nettement reculé, en perdant 54 000 voix. Et si le Parti Socialiste a gagné quelque 10 000 voix, la coalition d'Esquerra Unida a perdu quelque 4 000 voix. Les partis, qui se disent de gauche ou se prétendent favorables aux classes populaires, ont mené dans bien des municipalités qu'ils avaient conquises la même politique que la droite réactionnaire du franquiste Fraga. Ils ont payé dans ces élections le prix d'une politique qui a déçu les travailleurs et les petites gens.

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