Thomson - Rennes : Les mauvais coups de la direction01/06/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/06/une-1716.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Thomson - Rennes : Les mauvais coups de la direction

L'établissement de Rennes de Thomson Multimédia est composé d'un secteur étude (600 personnes dont les trois quarts ingénieurs) et d'un secteur fabrication (200 personnes dont la moitié d'ouvriers) où sont fabriqués des caméras de studios, des tables de mixage vidéo et des cars de production.

Ce secteur de production, ainsi qu'un tiers du secteur étude, fait partie de la société "Thomson Broadcast System", une des nombreuses filiales de Thomson qui a aussi un établissement à Brest et un autre à Cergy.

Le 3 mai dernier, en plein milieu des ponts des 1er et 8 mai, alors que la moitié du personnel était absent, la direction a annoncé les grandes lignes d'un projet de réorganisation du secteur production. Il fait suite au rachat par Thomson de la branche professionnelle de Philips, et consiste à spécialiser les différents centres de production dont Thomson dispose à présent. Pour le centre de Rennes, cela signifie l'abandon des productions actuelles et la spécialisation dans la fabrication des cartes électroniques.

Ce projet de la direction fait craindre des dégradations importantes des conditions de travail : introduction du travail en équipe, voire de nuit et de week-end, et des reclassements.

Le mouvement contre le projet a commencé le 3 mai où 40 personnes, parmi les plus directement concernées, se sont invitées à une réunion de la CGT, prévue au départ uniquement pour les syndiqués. Il a alors été décidé d'appeler à une assemblée du personnel, le lundi 14 mai. Cette assemblée qui réunissait une centaine de personnes a décidé d'un débrayage le mercredi 16, lors du Comité central d'entreprise qui se tenait à Cergy, débrayage soutenu par la CGT et FO, la CFDT préférant s'en tenir à la réunion d'information syndicale prévue le lendemain.

Nous nous sommes retrouvés 150 à débrayer et nous avons défilé dans l'usine et dans les laboratoires. Au cours d'une assemblée, nous avons affirmé le refus du projet de la direction et que les restructurations ne doivent pas se faire sur notre dos.

A la réunion d'information des syndicats nous étions 170, quelques ingénieurs des laboratoires d'études nous ayant rejoints. Les représentants de la CFDT ont fait un long exposé de la réunion de la veille avec la direction. Ils ont aussi défendu la nécessité de faire des contre-propositions à la direction. Mais à la demande de l'assemblée, ils se sont finalement ralliés au projet de manifester le 22 mai.

Ce jour-là, nous sommes partis de Thomson pour rejoindre, au centre ville, le lieu de rassemblement CGT en scandant : "Non aux restructurations". Tout au long du parcours, plusieurs collègues nous ont rejoints et d'autres nous attendaient au centre ville. Nous étions environ 120 de Thomson au rassemblement qui a réuni environ 300 personnes. Toute l'usine était pratiquement là et une vingtaine d'ingénieurs des labos nous avaient rejoints.

Ce n'est qu'une première étape dans la riposte. Mais d'ores et déjà le climat dans l'usine a changé. Le fait de s'organiser pour la préparation de cette manifestation a redonné le moral à beaucoup, et cela comptera dans les semaines à venir.

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