Foyers socio-éducatifs "ACCES" : Le coup tordu du maire de Tours01/06/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/06/une-1716.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Foyers socio-éducatifs "ACCES" : Le coup tordu du maire de Tours

Les 400 salariés des foyers socio-éducatifs ACCES de Tours sont en grève depuis le vendredi 18 mai, jour où ils ont appris que la mairie, qui est leur principal bailleur de fonds, avait demandé la mise en dépôt de bilan d'ACCES.

Les salariés d'ACCES sont en colère. D'autant plus en colère qu'ils avaient déjà dû se battre au cours de l'année écoulée pour obtenir les moyens nécessaires à leur fonctionnement, et que leur lutte avait abouti à la nomination d'un médiateur qui avait semblé entendre leurs revendications.

Seulement, tout cela se passait avant les élections municipales ! Il apparaît maintenant clairement que la mise à l'écart par le maire (PS) d'une de ses adjointes, présidente contestée d'ACCES, tout comme les promesses d'aboutir à des solutions conformes aux demandes des salariés et aux besoins des usagers, n'étaient que des manoeuvres, visant uniquement à traverser sans trop de vagues la période des élections.

A la presse, les représentants du maire déclarent qu'ils auraient "découvert" en avril l'importance du déficit d'ACCES. Cela, c'est la version officielle pour tenter de jeter le discrédit sur des salariés qui ne savent même pas s'ils seront payés dans les prochains mois. Mais la vérité, le maire l'a dite mardi 22 mai aux salariés d'ACCES, lorsqu'il a jeté à la figure de la délégation qu'il recevait : "Moi, je suis élu pour six ans !". On ne saurait faire montre de plus de cynisme !

Le maire pense certainement avoir été fin politique en "neutralisant" la mobilisation des salariés le temps d'une élection. Les salariés et les usagers d'ACCES, eux, ont déjà dit ce qu'ils en pensaient en inscrivant sur leur banderole lors de la manifestation syndicale du 22 mai : "Trahison municipale !".

Sur le fond, la question qui se pose est la suivante : est-il utile ou pas de financer des activités de toutes sortes, de la couture à la musique en passant par le sport ou l'informatique, activités qui créent des liens dans les quartiers ? Les 10 000 adhérents des foyers répondent de toute évidence positivement !

La mairie, elle, mégote. Le maire en a assez, dit-il, de "mettre des rustines sur les foyers". Mais quand il accorde des subventions à des entreprises richissimes comme Bouygues-Télécom ou ST-Microélectronics, et que cette dernière n'hésite pas à jeter à la rue son personnel intérimaire à peine l'argent empoché, comment cela s'appelle-t-il ? N'est-il pas là, le vrai gaspillage de l'argent public ?

Le 28 mai, on a appris qu'un administrateur provisoire avait été nommé, avec l'objectif dit-on "d'assainir les comptes de l'association". Autant dire que rien n'est réglé. Car dans ce type d'association paramunicipale où les cotisations des usagers ne sauraient suffire à financer les activités et les salaires des animateurs, à moins d'être portées à des tarifs dissuasifs pour la plupart, il faut bien faire appel aux fonds publics.

Intervenant au conseil municipal du 28 mai, les grévistes l'ont redit avec force : ils exigent que l'intégralité des salaires soit versée, qu'aucun licenciement ne frappe les salariés quels que soient leurs contrats, et que l'ensemble des activités des foyers soit maintenu.

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