Autisme01/06/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/06/une-1716.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Autisme

Une cruelle absence de structures d'accueil qui trahit la carence des gouvernements

Les journées nationales de l'autisme, organisées par les associations et parents d'enfants autistes, ont rappelé que la prise en charge par les pouvoirs publics de ces malades est insuffisante et même nettement en retard par rapport à ce qui existe dans la plupart des pays industrialisés.

L'autisme est une maladie neurologique qui se traduit par une grande difficulté à communiquer des enfants qui en sont atteints et par leur isolement du monde extérieur. Quand il n'y a pas de structures d'accueil, les parents sont livrés à eux-mêmes, et confrontés à un quotidien épuisant. Ainsi, explique le président d'une association, "les parents sont désarmés par le repli sur soi de l'enfant. Parfois, la violence devient son moyen de communiquer. Un violence contre les autres mais aussi contre soi-même. Certains enfants s'automutilent. Dans ce contexte, certains parents craquent".

En mars dernier, le procès d'une mère poursuivie pour avoir tué son enfant autiste a mis en évidence cet aspect. Ainsi le président du tribunal a évoqué la situation des parents d'enfants autistes "obligés de faire du porte-à-porte et de supplier les directeurs de structures pour que leur enfant soit pris en charge".

Il y a en France environ 5 000 places dans des établissementsspécialisés alors que le nombre de personnes atteintes est estimé à près de 30 000 par les pouvoirs publics et même à près de 60 000 à 80 000 par les associations et les scientifiques. Des familles attendent des années avant d'obtenir une admission, et près de 3 000 enfants français sont accueillis en Belgique.

En janvier dernier, Lionel Jospin a annoncé un plan triennal avec comme objectif la création de 1 000 places supplémentaires. Objectif bien insuffisant en regard des besoins. Mais pour entendre et répondre aux revendications élémentaires de la population le gouvernement est frappé, lui, de surdité.

Partager