Argentine : Travailleurs en révolte01/06/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/06/une-1716.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans le monde

Argentine : Travailleurs en révolte

En Argentine, autour de Buenos Aires et de chefs-lieux de province, des piquets de chômeurs ont bloqué des axes routiers et ferroviaires, revendiquant des indemnités pour les chômeurs et des créations d'emplois.

Ainsi, 4 000 piqueteros (le nom que l'on donne aux participants à ces piquets) campant à La Matanza coupaient depuis plusieurs semaines la voie ferrée et la nationale n°3, route stratégique de plus de 3 000 km qui relie la capitale à Ushuaia, sur la Terre de Feu. La Matanza, une ville d'un million et demi d'habitants à la périphérie de Buenos Aires, est une ville industrielle complètement ravagée par la crise et le chômage.

Ces piquets ne sont pas les seules manifestations du mécontentement des travailleurs. La place de Mai, qui se trouve devant le palais présidentiel à Buenos Aires, voit se succéder les marches et les manifestations. Un jour, ce sont des enfants venant de la ville andine de La Quiaca, à la frontière bolivienne, qui réclament du travail pour leurs parents et des écoles pour les enfants. Un autre jour, c'est une marche pour du pain et du travail, ou des apiculteurs qui protestent contre les restrictions mises aux exportations de miel vers les Etats-Unis.

L'Argentine est en pleine récession économique depuis plusieurs années. Les usines ferment les unes après les autres. Jusqu'aux dirigeants de PME qui manifestent contre le ministre de l'Economie. Le gouvernement négocie en permanence avec le Fonds Monétaire International le rééchelonnement de la dette extérieure de 140 milliards de dollars. Mais la contrepartie des crédits internationaux est une austérité renforcée sur tous les budgets sociaux. Toute une partie des classes moyennes se retrouve dans la misère. Mais c'est bien sûr la classe ouvrière qui supporte l'essentiel de ces plans d'austérité.

Le taux de chômage est officiellement de 15 %. Sur un peu plus de 30 millions d'habitants, 7 millions vivent dans des conditions d'extrême pauvreté. Les salaires sont très bas et même ceux qui ont du travail ne sont pas sûrs d'être payés. Ainsi les travailleurs de la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas, qui appartient depuis dix ans à l'Etat espagnol et que l'on dit en faillite, n'ont pas reçu leur salaire du mois d'avril.

Frappés par la crise et la misère, les travailleurs et les chômeurs manifestent et exigent leur droit à une vie décente.

Il serait vital, pour les travailleurs argentins, que cette colère et cette révolte trouvent une organisation, des femmes et des hommes capables de défendre jusqu'au bout leurs intérêts pour leur permettre de renverser vraiment le rapport de force en leur faveur.

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