France Télécom Lyon : La direction doit reculer05/01/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/01/une-1695.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

France Télécom Lyon : La direction doit reculer

Lundi 18 décembre, les techniciens de la supervision du réseau de l'URS Lyon Sévigné ont surpris la direction par leur détermination.

Ce service, où travaillent trente-deux personnes, surveille (supervise) 24 heures sur 24 tous les centraux téléphoniques, les bâtiments, le fonctionnement de services comme le 12, les numéros spéciaux (0800, etc.) de tout le quart sud-est de la France.

Cette concentration est le résultat de la dernière étape des réorganisations permanentes à France Télécom.

En début d'année 2000 il y avait encore soixante-dix personnes qui assuraient ces tâches sur plusieurs sites. En fin d'année ils n'étaient plus que trente-deux sur un seul site. Automatiquement les cycles de travail ont été modifiés et la charge de travail doublée. De plus, avant la RTT, ce service tournait sur 35 heures pour compenser les cycles de travail 24 h / 24 et 365 jours par an. Après la RTT et un nouveau calcul des 35 heures, la direction exigeait de 100 à 200 heures travaillées de plus par an car elle refusait de rendre les heures des dimanches et jours fériés.

Le 18 décembre, les techniciens de la supervision ont tous décidé de venir le matin sans tenir compte du tableau de service, afin d'aller dire deux mots à la direction locale.

Ils revendiquaient :

- huit emplois

- un nouveau tableau de service

- que les heures des dimanches et jours fériés soient, au choix, payées ou rendues en temps libre

- les 32 heures par semaine

- 1 500 F de plus sur leur prime mensuelle.

Pendant toute la journée la direction a fait la sourde oreille et les différentes réunions n'ont débouché sur rien. Mais plus l'heure avançait, plus la direction a pris conscience de la détermination des techniciens. Tous présents depuis le matin, ceux-ci refusaient de prendre leur service à leur tour, et cela sans aucun préavis de grève. Ils refusaient de tenir compte des désignations (sortes de réquisitions) habituelles dans ce genre de service, stratégique pour France Télécom. Les menaces de sanctions les laissaient tout autant de marbre.

L'heure arrivait où tous les services du quart sud-est de la France quittaient leurs locaux et transmettaient leur supervision à celle de Lyon qui, elle, était aux abonnés absents.

Finalement, vers 22 heures et après moultes tractations, la direction locale a accepté le principe de passer de 32 à 40 techniciens et accordé un rendez-vous dès le lendemain matin pour établir un tableau de service conforme aux désirs des techniciens.

La direction locale renvoyait au niveau national la question des 32 heures et de l'augmentation de 1 500 F de la prime mensuelle.

Depuis, plusieurs réunions téléphonées ont eu lieu entre les techniciens des différents centres de supervision au niveau national. Ce que ceux de Lyon ont obtenu, surtout en matière de création d'emplois, alors que France Télécom en supprime par milliers, a incité tous les autres à reprendre à leur compte les revendications lyonnaises, en particulier les 32 heures par semaine et les 1 500 F de plus pour tous.

Ceux de Lyon ne se sentent pas peu fiers d'avoir fait reculer leur direction et restent mobilisés pour surveiller si elle tient bien ses promesses, en particulier sur la nomination des huit techniciens supplémentaires.

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