Le congrès de la LCR09/06/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/06/une-1665.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Divers

Le congrès de la LCR

Lors de son congrès, qui s'est tenu du 1er au 4 juin, la Ligue Communiste Révolutionnaire a discuté d'un certain nombre de problèmes concernant son orientation, ses rapports avec le mouvement écologiste, avec le féminisme, discussions qui ont une nouvelle fois confirmé sa volonté de s'ouvrir à différents courants au-delà du marxisme révolutionnaire. La discussion sur le changement de nom, sans doute, s'est conclue par le maintien du nom actuel, mais en fait pour des raisons provisoires essentiellement tactiques. Et elle n'en a pas moins confirmé la démarche de la majorité de la LCR puisque presque tous, à l'exception de deux ou trois intervenants, qu'ils interviennent en faveur ou non de ce changement de nom, ont insisté sur la nécessité et même l'urgence pour l'organisation de rompre avec un passé, et des références, qui pour les uns sont franchement à rejeter et pour les autres constituent de toute façon un handicap pour décider d'autres forces ou d'autres militants à rejoindre la Ligue ou à y revenir.

Mais le congrès a surtout été marqué par la discussion sur l'attitude de la LCR dans les prochaines élections municipales qui, finalement, s'est inscrite dans cette même démarche.

A l'issue d'une réunion à huis clos, une résolution sur cette question a été adoptée par 94 % des délégués. Il s'agit d'un compromis, selon les termes de la LCR, entre les trois tendances qui se partageaient le congrès. L'une, la A, se prononçait pour la recherche d'un accord avec Lutte Ouvrière mais sous la condition que LO rejoigne les positions de la LCR au travers de formulations ambiguës, permettant de donner une satisfaction apparente aux deux organisations. L'autre, la B, était pour la recherche d'un accord non seulement sans changement par rapport aux positions antérieures de la LCR mais même sans variations de formulations. La troisième tendance, la C, était, elle, contre tout accord avec LO. Nous ignorons évidemment comment s'est réalisé ce compromis entre les trois tendances puisque quasiment la moitié du congrès, qui a duré quatre jours, s'est déroulée (comme à chaque fois) à huis clos.

Comme cette résolution finale reprend intégralement les positions exprimées par la LCR depuis le mois de janvier 2000, cela revient à nous demander d'accepter toutes les positions de la LCR, positions qui sont en recul sur l'accord politique qui nous avait conduits à faire une liste commune aux élections européennes. Par rapport à cette campagne commune, la LCR a changé de politique sous prétexte que le mode d'élection est différent et elle aurait voulu nous imposer de changer avec elle.

Cette résolution satisfait apparemment tout le monde à la LCR, et surtout ceux qui étaient opposés à tout accord avec Lutte Ouvrière, puisqu'ils l'ont votée sans changer d'opinion si l'on en croit les déclarations à la presse du porte parole de cette tendance. Une dépêche de l'AFP du 5 juin indique en effet : " Maintenant les choses sont claires " s'est félicité Christian Piquet, membre du Bureau politique, qui avait déploré à plusieurs reprises au cours du congrès que la LCR s'obstine à rechercher un accord avec un " partenaire qui (lui) dit non ".

Cette résolution vise donc manifestement à nous faire refuser un tel accord.

Notre Comité central définira donc sa position lors d'une réunion spéciale dont la date sera fixée incessamment mais qui, de toute façon, se tiendra avant la fin du mois de juin.

Jean-Pierre VIAL

Nota : Nos lecteurs pourront trouver le texte des quatre lettres échangées entre la LCR et LO entre janvier et mai 2000 dans le numéro 51 de Lutte de Classe de mai-juin 2000.

Ils pourront aussi nous demander des " tirés à part " de cette correspondance aux stands Lutte Ouvrière de la Fête à Presles.

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