Éducation nationale : nouvelle saignée dans les effectifs

21 Décembre 2022

Le ministère de l’Éducation nationale vient d’annoncer la suppression de 2 000 postes d’enseignants à la rentrée prochaine, 1 000 dans le primaire, 500 dans les collèges et 500 dans les lycées. On est loin des discours sur le manque de candidats et la difficulté de recruter.

Pour tenter de justifier cette nouvelle attaque, le ministre utilise une prétendue baisse de la démographie. Mais ces suppressions de postes sont juste dans la lignée de la politique d’austérité du ministère Blanquer. En effet, depuis 2018, il y a eu 8 231 suppressions d’emplois. Et les conditions d’enseignement ont empiré. Le dédoublement des classes dans certaines sections de primaire s’est fait au détriment d’autres : nombre d’enseignants évoquent des classes surchargées en CM2 par exemple. Les élèves en grande difficulté, malgré la bonne volonté des professeurs, sont forcément sacrifiés.

Dans les collèges et les lycées, qui ne connaissent pas de baisse démographique, les effectifs des classes ont fortement augmenté. Ce sont les classes technologiques, par exemple, qui sont touchées. Les effectifs des classes de STMG (sciences et technologie du management et de la gestion) sont passés de 24 à 30, voire 35 élèves, alors que cet enseignement nécessite des heures sur ordinateur et que nombre de salles de lycée sont sous-équipées. Les élèves poussent les murs mais le ministre n’en a cure.

C’est d’autant plus révoltant que cette génération d’élèves a vécu les confinements successifs et donc perdu de nombreuses heures de cours. La diminution du nombre d’élèves aurait dû permettre d’offrir des heures d’enseignement supplémentaires à ceux qui en avaient été privés.

Mais ce qui domine chez ce gouvernement, c’est la volonté d’économiser au maximum sur l’éducation, en particulier celle des jeunes des milieux populaires. Les autres peuvent profiter des moyens de leurs familles pour avoir accès à un véritable enseignement.

Alors, il n’y a ­aucune raison d’accepter les mensonges du gouvernement, qui cherche le moindre prétexte pour justifier des économies sur la population. D’ores et déjà, une grève est prévue le 17 janvier pour protester, entre autres, contre ces suppressions de postes. Mais, plus profondément, il faudra combattre la politique globale du gouvernement, qui revient à détruire tout ce qui rend la vie des classes populaires moins indigne.

Aline URBAIN