Débat Zemmour-Mélenchon : contre l’extrême droite, défendre les perspectives communistes révolutionnaires

29 Septembre 2021

Le débat sur BFM jeudi 23 septembre entre le journaliste d’extrême droite Zemmour, candidat hypothétique à la présidentielle, et le candidat déclaré de LFI Mélenchon a été regardé par plus de 3,8 millions de personnes.

Zemmour a pu laisser libre cours à sa haine des immigrés en général et des musulmans en particulier. Il s’inscrit dans le sillage de Le Pen, mais c’est aussi la politique du gouvernement Macron, ses campagnes sur l’islamo-gauchisme et autres dangers séparatistes qui lui donnent des ailes. C’est ainsi qu’il a pu tranquillement déclarer, à une heure de grande écoute, que plusieurs millions d’habitants musulmans de ce pays, dont beaucoup ont d’ailleurs la nationalité française, ne seraient pas « assimilables » par la république. Le fait qu’il puisse étaler son racisme préoccupe et choque à juste titre une partie de l’opinion.

De telles idées prospèrent sur le terreau de la crise et du désarroi qu’elle engendre. La progression de l’extrême droite est aussi la conséquence des déceptions accumulées devant la politique des différents gouvernements de gauche contre la classe ouvrière. Zemmour a d’ailleurs eu beau jeu de rappeler à Mélenchon, qui promettait de s’en prendre aux inégalités sociales s’il était élu, qu’il avait été ministre durant le gouvernement Jospin, et que son modèle, Mitterrand, avait gouverné durant 14 ans.

Zemmour lui-même ne promet bien sûr rien aux classes populaires et aux travailleurs. Au-delà de discours aussi radicaux que haineux contre les immigrés, il s’incline respectueusement, comme tous les politiciens bourgeois, devant les intérêts du patronat, auquel il promet de supprimer les impôts et de continuer à les soutenir en rognant sur les dépenses sociales d’un État « trop généreux ».

Dans ce débat, Mélenchon s’est présenté comme l’ennemi de Zemmour et de l’extrême droite au nom d’une autre idée de la France, plus ouverte et créolisée. Mais ce n’est pas au nom de la France, mais bien au nom de leurs intérêts de classe que les travailleurs conscients doivent combattre l’extrême droite.

Si Zemmour présente les musulmans comme « non assimilables » par la république, le patronat a, lui, parfaitement su les « assimiler », en les intégrant aux bataillons d’exploités dont il tire profit. Les travailleurs qui se laissent avoir par la diversion raciste que leur proposent les Zemmour et autres Le Pen, se privent de la seule arme dont ils disposent pour changer leur sort : la force collective d’une classe sociale composée de femmes et d’hommes qui, au-delà de leurs différences de religion, de nationalité ou de couleur de peau, ont les mêmes exploiteurs et les mêmes intérêts à défendre.

Arnaud LOUVET