Manifestations anti-passe : septième samedi

01 Septembre 2021

Par dizaines de milliers, dans 220 villes, 160 000 manifestants ont encore défilé, le 28 août, dans les rues du pays.

Que ceux qui, par leur politique de santé, ont contribué à mettre en danger patients et soignants se permettent à présent un chantage sur les salaires des travailleurs des hôpitaux et des Ehpad est révoltant. Que ces ministres qui n’ont cessé de mentir, sur les masques, les tests, sur presque tout, fassent à présent la morale quant à l’obligation vaccinale pour certaines catégories de travailleurs l’est tout autant. La colère qui s’exprime contre l’opération politique de Macron est légitime.

Mais ces manifestations regroupent toutes sortes de catégories sociales, de petits patrons ou de couches de la petite bourgeoisie qui se reconnaissent dans des slogans vides de sens commun sur la liberté. Mais de quelle liberté s’agit-il ? La liberté d’un jeune travailleur de galérer de période de chômage en CDD de courte durée, ou celle d’un patron petit ou grand d’obliger ses salariés à des heures supplémentaires, payées ou non ? Et puis, que vaut la liberté d’entrer dans un magasin lorsqu’on n’a pas le minimum pour acheter quoi que ce soit ? Ce n’est pas sur ce terrain que les intérêts des travailleurs peuvent clairement s’exprimer.

Cette confusion permet à des courants réactionnaires, antivaccination, délirants ou pire clairement d’extrême droite de se mettre en avant.

La seule perspective pour les travailleurs reste de faire valoir leurs intérêts de classe, avec leurs revendications, qui vont bien au-delà du seul refus du passe sanitaire.

Viviane LAFONT