Macron en Irak : des marchés à saisir

01 Septembre 2021

Samedi 28 et dimanche 29 août, Macron a entrepris une opération de propagande et de promotion de l’impérialisme français en Irak. Il a fait la tournée des églises et mosquées, jouant les défenseurs des droits des peuples et des minorités nationales.

Macron a participé à une conférence « pour la coopération et le partenariat » avec l’Irak et les pays voisins : Égypte, Iran, Jordanie, Arabie saoudite… Macron, seul chef d’État occidental présent, prétend jouer un rôle d’arbitre entre des puissances régionales rivales qui interviennent par milices interposées sur le sol irakien. Il cherche surtout à saisir l’occasion du repli des troupes américaines, prévu pour décembre, pour se mettre en avant comme serviteur des intérêts de l’impérialisme français. Il a ainsi promis que l’armée française resterait en Irak, même si les États-Unis retiraient leurs troupes. Mais la raison de cette présence n’a rien à voir, ni avec la démocratie ni avec le droit des peuples, mais tout à voir avec les intérêts des groupes capitalistes français.

Dans les décombres d’un pays détruit par la guerre, ceux-ci voient des marchés à saisir, avec de nombreux chantiers de reconstruction, par exemple celui de l’aéroport de Mossoul. Suite à la dernière visite de Macron en septembre 2020, ADP Ingénierie avait décroché un premier contrat pour sa réhabilitation. Il s’agissait dans un premier temps de 700 000 euros, payés par l’État irakien à ADP avec des fonds avancés par l’État français. Puis en avril d’autres groupes français, dont Vinci et Thales, ont été reçus par les autorités irakiennes pour négocier la réalisation des travaux de cet aéroport.

Mais l’occupation armée de l’Irak par les puissances impérialistes entretient le terrorisme, ce qui compromet même la bonne marche de ces affaires. L’incertitude sur l’avenir prévaut, et un climat de guerre persiste : le 19 août, l’armée turque a une nouvelle fois bombardé la région kurde au nord de l’Irak. Cette fois, il s’agissait d’une clinique où étaient soignés des membres d’une milice kurde irakienne alliée au PKK, le parti nationaliste kurde de Turquie, et où les bombardements ont tué huit personnes, miliciens et civils. Un mois plus tôt, c’était Daech qui revendiquait un attentat au marché de Bagdad, faisant trente morts. L’impérialisme américain et ses alliés, dont la France, sont responsables du chaos actuel, qui est la conséquence des guerres qu’ils mènent en Irak depuis trente ans.

Mais qu’importe, les capitalistes dont Macron est le visiteur de commerce sont capables de tirer du sang d’un caillou, en l’occurrence des profits des ruines résultat de leurs bombardements.

Célia Morin