Hôpital de la Timone – Marseille : il manque toujours du personnel

01 Septembre 2021

Pour les salariés de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM), les contrôles de passe sanitaire ont commencé lundi 30 août. À partir du 15 septembre, les agents qui n’auront pas au moins la première injection du vaccin seront interdits d’entrée à l’hôpital. Ils devraient être suspendus et privés de leur salaire.

À l’hôpital de La Timone, la direction avait commencé dès avril à renvoyer les CDD aides-soignants et ASH recrutés en renfort Covid, sans se soucier des conséquences. Alors que les congés d’été n’avaient pas commencé, le manque de personnel était déjà criant.

La quatrième vague, arrivée très vite pendant les vacances, a frappé d’autant plus durement. Faute de soignants en nombre suffisant, des unités ou des lits ont dû être fermés et le personnel a été redéployé au gré de l’urgence, au risque de faire des erreurs, dans des services que les travailleurs ne connaissent pas toujours.

Il manque toujours des lits pour les Urgences, débordées par l’afflux des malades. Les réanimations sont pleines, et quatre patients ont dû être transférés dans d’autres hôpitaux du pays.

Au pôle Infectieux, l’IHU, l’une des unités fermées pour permettre aux salariés de prendre leurs congés, a été rouverte en catastrophe pour absorber les malades du Covid mais, là aussi, le personnel manque cruellement.

Beaucoup d’agents n’ont pas oublié la façon dont ils ont été maltraités et rendus responsables de la diffusion du virus et des clusters qui se sont déclarés dans de nombreux services. Après tout ce qu’ils ont affronté depuis un an et demi, ils sont passés de l’incompréhension à la colère devant l’attitude de la direction et le renvoi des CDD.

Alors si, fin août, 32 % des agent de l’AP-HM n’étaient toujours pas vaccinés malgré les menaces, c’est peut-être par manque de confiance dans le vaccin, mais surtout par défiance vis-à-vis d’une direction et d’un gouvernement irresponsables.

Aujourd’hui, de nombreux agents écœurés sont prêts à tout pour fuir l’hôpital, quitte à renoncer à leur métier. L’obligation vaccinale s’ajoute aux conditions de travail insupportables. Et tandis que certains agents, épuisés, sont en arrêt maladie, la plupart des CDD, remerciés sans égard, ne sont pas près de revenir.

La direction prétend qu’elle peine à recruter de nouveaux travailleurs prêts à endosser la blouse de renfort Covid à l’AP-HM. Si elle améliorait les conditions de travail et les salaires à l’embauche, nul doute qu’elle connaîtrait moins de difficultés !

Correspondant LO