Allemagne : les cheminots en grève pour les salaires

01 Septembre 2021

Pour la deuxième fois en quelques semaines, des milliers de cheminots de la Deutsche Bahn (les chemins de fer allemands) ont fait grève pendant plusieurs jours fin août.

L’inflation est forte en Allemagne. Ces derniers mois les prix de l’alimentation, des loyers, des carburants, ont beaucoup augmenté. Avec une inflation offciellement à 3,8 % lors des négociations salariales, la direction proposait 0 % pour 2021, et une augmentation future de 3,2 %, étalée sur 28 mois. Par-dessus le marché, la Deutsche Bahn annonce une attaque sur les retraites complémentaires.

Après une consultation où 90 % des votants se sont exprimés pour la grève, celle-ci a démarré à l’appel de leur syndicat, GDL, le syndicat des roulants. Les trois quarts des trains, régionaux ou à grande vitesse pour les voyageurs ou de fret, sont obstinément restés à l’arrêt.

À la Deutsche Bahn il y a deux syndicats, l’EVG majoritaire, et le GDL, plus combatif mais aussi plus corporatiste. En 2015, le gouvernement avait fait passer une loi visant à empêcher qu’un syndicat non majoritaire, comme GDL, puisse appeler à la grève. Ainsi la grève actuelle des cheminots, pour les salaires et les conditions de travail, s’oppose-t-elle aussi, de facto, à cette loi antiouvrière.

Malgré les propos hargneux de la direction de l’entreprise, encore détenue à 100 % par l’État, et les reportages à charge fustigeant l’irresponsabilité ou l’égoïsme des grévistes, les cheminots tiennent bon. Le lundi 30 août, ils ont décidé de se remettre en grève, et plus longuement cette fois, du 2 au 7 septembre, pour défendre leur niveau de vie.

Alice MORGEN