Chômage de longue durée : l’arnaque des accords

14 Octobre 2020

À la suite de la signature de l’accord de chômage partiel de longue durée, dit APLD, entre la quasi-totalité des syndicats (sauf la CGT) et la direction d’Airbus, le quotidien de la région de Toulouse, La Dépêche du midi, a titré mardi 13 : « Airbus évite les licenciements secs pour son plan social ». Cette affirmation a été reprise par toute la presse nationale. Or, il s’agit d’un double mensonge.

Chez Airbus les accords stipulent qu’ils permettront de sauver 1 500 emplois sur les 5 000 suppressions annoncées il y a déjà plusieurs mois. Mais ils ne constituent en aucune façon une protection contre d’éventuels licenciements. Le texte d’origine prévoit qu’en cas d’accord de chômage de longue durée, l’employeur garde la possibilité de prononcer des licenciements économiques, ce qui est donc le cas chez Airbus. De plus, même en dehors de cette situation, un décret du 30 septembre supprime le peu de mesures de rétorsion prévues dans le cas où un employeur ayant bénéficié de l’indemnisation de ses salariés au titre de ce chômage partiel licencierait quand même.

Bien sûr, il est préférable de recevoir 84 % de son salaire net, plutôt que rien du tout, situation dans laquelle se trouvent bien des travailleurs d’autres pays et, en France, tous les précaires qui ont perdu leur emploi. Mais le chômage partiel de longue durée est, de la part du gouvernement, un simple amortisseur social. Non seulement il peut le supprimer à tout moment, mais il ne protège pas contre les licenciements qui restent à l’entière disposition du patronat. La seule garantie réside, comme toujours, dans la capacité de la classe ouvrière à se défendre.

Paul SOREL