PSA – Sochaux : une direction pressée

27 Mai 2020

Depuis le 15 mai, la direction de l’usine PSA à Sochaux, dans le Doubs, a décidé de redémarrer la production de la Peugeot 308 avec une demi-équipe de travailleurs embauchés, sans les ouvriers intérimaires.

La direction impose des préalables très stricts pour l’accès à l’usine, avec un questionnaire-pathologies à renvoyer à la médecine du travail, un protocole d’autosurveillance à remplir pendant 14 jours avant la reprise et une attestation sur l’honneur Covid-19 à présenter à l’entrée. Elle vante un protocole de mesures renforcées, mais, protocole ou pas, on est loin du compte.

La direction n’a maintenu que deux accès sur la dizaine de l’usine, avec la présence de médecins du travail et de représentants de la direction. À ces deux accès, si les ouvriers ont de la température, n’ont pas leur protocole d’autosurveillance dûment rempli, ou leur attestation sur l’honneur Covid-19, ils sont renvoyés.

Dans les ateliers, porter un masque et des lunettes ou une visière provoque le dépôt de buée et ceux qui conduisent un chariot élévateur risquent l’accident. En chaîne, la transpiration humidifie le masque, le fait glisser et là aussi la buée est une gêne importante. Certains ont des maux de tête, porter un masque augmente aussi la fatigue, assèche la gorge, la soif se fait très vite ressentir.

Les fortes chaleurs vont arriver et jusque-là, lors de ces périodes, la direction se contentait du minima avec des ventilateurs aux postes de travail. L’épidémie de coronavirus lui a imposé de les supprimer, mais elle n’a rien prévu pour ventiler les ateliers avec de l’air neuf et y faire baisser la température, hormis laisser les portes ouvertes. Aucune distribution automatique de bouteilles d’eau pour pallier la condamnation des fontaines d’eau et des distributeurs de boissons n’est prévue, il faut en demander. La direction se vante de mesures renforcées mais elle en fixe les limites en refusant des pauses supplémentaires et la réduction des rythmes de travail qui permettraient un lavage des mains toutes les heures et de boire pour se réhydrater.

Elle a, en revanche, su mettre une équipe spéciale, composée, entre autres, d’agents de maîtrise, pour contrôler l’application des mesures de son protocole. Des ouvriers disent : « On est bien surveillés », et, « aujourdhui, ils sont dans la prévention mais après ils ne vont pas se gêner pour rappeler à lordre et sanctionner ».

Lundi 25 mai, la direction a imposé la reprise à l’une des quatre équipes qui produisent des Peugeot 3008, 5008 et Opel Grandland. Alors que le patron piaffe pour redémarrer l’exploitation, les travailleurs ne pourront compter que sur eux-mêmes pour préserver leur santé.

Correspondant LO