Legrand – Limoges : vol de congés à répétition

27 Mai 2020

Une assemblée générale devait se tenir à huis clos mercredi 27 mai pour officialiser le versement, le 3 juin prochain, des dividendes de la société d’appareillage électrique Legrand, cotée au Cac 40.

« Avoir des actionnaires solides, satisfaits et fidèles, c’est une force » a déclaré récemment le directeur général Benoît Coquart. La crise liée au Covid-19 ne touchera donc pas les actionnaires, qui vont se distribuer pas moins de 358 millions d’euros. Il faut dire que l’entreprise se porte très bien : entre 2014 et 2019, le chiffre d’affaires a augmenté de 47 %, le résultat net par action de 56 %, la feuille de route étant ainsi réalisée à 113 %.

Évidemment, pour les travailleurs, c’est une autre histoire. Benoît Coquart parle d’efforts demandés, ajoutant que lui-même va réduire sa rémunération annuelle de 25 % (en fait il ne va pas appliquer l’augmentation prévue de son salaire fixe). Quelle indécence quand on sait que pour 2019, cette rémunération est de 1,545 million d’euros auquel s’ajoute un lot de 22 954 actions « de performance ».

En tout cas, depuis le début du confinement, la direction de Legrand refuse le chômage partiel et presse les travailleurs comme des citrons. Jusqu’au 25 mai, ils ont subi le vol maximum des congés et des RTT à tous les étages avec, au passage, le télétravail refusé à ceux des bureaux au nom de la « solidarité avec la production » qui était à l’arrêt.

Les commandes reprenant en cette fin de mois de mai, la pression est maximum : « il faut sérieusement se remettre à produire ». Il n’y a pas eu de pont de l’Ascension, et on pouvait aller travailler sur un autre site que son lieu de travail habituel. C’est selon la direction « une belle opportunité à saisir pour reconstituer ses compteurs », autrement dit pour regagner les jours de congés volés, pour ceux qui n’en ont plus ou ont un compteur négatif.

Dans les bureaux aussi, le vol de congés continue car il n’y a pas de petites économies. Jusqu’à fin juin, tous les vendredis seront en congés imposés. Cela étant illégal, la direction a trouvé une astuce. Elle consiste à faire dire aux chefs : « il n’y a que quatre jours de travail, tu prends vendredi en congés ». C’est alors le salarié qui saisit le jour en question dans le logiciel, ce qui permet de le comptabiliser comme congé pris à sa demande.

Cette crise sanitaire montre sans filtre la rapacité du groupe Legrand.

Correspondant LO