Grenelle des violences conjugales : des déclarations d’intention et rien d’autre !

04 Septembre 2019

Mardi 3 septembre, au lendemain du 101e meurtre d’une femme par son conjoint depuis le début de l’année 2019, la secrétaire d’État Marlène Schiappa ouvrait en grande pompe un Grenelle des violences conjugales : réunions à Matignon et dans les départements, publicité pour le numéro d’urgence 3919, et surtout interviews à la chaîne pour laisser croire que ce sujet serait une priorité absolue du gouvernement. Mais il semble bien que cela se réduise à une grande opération de communication.

Le Grenelle est censé trouver des solutions. Mais des solutions, les associations de lutte contre les violences conjugales en ont déjà beaucoup qui ne peuvent pas être appliquées faute de moyens, notamment en ce qui concerne l’hébergement des victimes ou l’éloignement des hommes violents. Elles estiment qu’il faudrait au moins 500 millions d’euros pour engager vraiment les actions nécessaires, là où l’État ne consacre que 79 millions. Le gouvernement se gargarise des 73 postes de psychologues en commissariat annoncés pour tout le pays. Il reparle aussi du bracelet d’éloignement pour le conjoint violent… voté en 2009 et jamais mis en œuvre faute de décret d’application.

Schiappa se contente de faire la morale à la population et d’appeler à la vigilance de tout un chacun. Mais les cas ne manquent pas où des femmes ont cherché à se défendre contre un conjoint violent, ont tenté de prévenir la police, sans que les services de l’État ne fassent rien pour elles. Un tiers des femmes tuées en 2019 avaient déjà porté plainte sans que cela ne les protège !

Bien des femmes se battent déjà contre les violences qu’elles subissent. Mais elles ne trouvent pas les aides suffisantes du côté des institutions. Quant au gouvernement, non seulement il brasse du vent sans donner les moyens, mais pour le reste de sa politique, il continue à favoriser l’oppression des femmes. En aidant les patrons à les sous-payer, à les contraindre aux temps partiels, à les licencier plus facilement. Dans un système économique fondé sur l’exploitation, le gouvernement attise les divisions et la mise en concurrence entre hommes et femmes, comme entre jeunes et vieux ou entre travailleurs d’ici et travailleurs immigrés.

Si les droits des femmes ont avancé dans le passé, ce n’est pas grâce à des Grenelle mais aux luttes pour le droit à l’avortement, contre la tutelle des maris sur les épouses, pour l’égalité salariale.

Aujourd’hui comme hier, c’est la mobilisation des femmes et des hommes, dans le monde du travail et au quotidien, contre toutes les formes que prend l’inégalité entre les sexes, qui peut faire reculer cette oppression et, avec elle, la violence qui en est l’une des conséquences les plus barbares.

Claire DUNOIS