Urgences en grève : à l’hôpital de Vichy

10 Juillet 2019

Depuis le 17 juin, les Urgences de l’hôpital de Vichy sont en grève. Elles ne disposent que de 10 lits avec 28 personnes dans le service.

En février 2019, le personnel a tiré la sonnette d’alarme après qu’une patiente de 95 ans a passé deux nuits sur un brancard. Le chef des Urgences a décidé d’envoyer à chaque patient une lettre qui commence ainsi :

« Madame, Monsieur, Vous avez séjourné sur un brancard au sein du service des urgences. Sachez que nous déplorons, depuis de nombreux mois, cette situation catastrophique qui perdure, voire se dégrade d’année en année malgré nos alertes.

Cette situation n’est pas spécifique à notre service : c’est le résultat de restrictions budgétaires, des fermetures de lits, d’une gestion hospitalière globale tournée vers la rentabilité et non vers le soin et le respect des patients, d’une rupture dans le parcours de santé, d’une raréfaction des ressources médicales hospitalières ou libérales […]. Nous ne sommes plus actuellement en mesure d’apporter le service et la qualité des soins que la population mérite. »

En juin, la situation n’a pas changé et la grève a été votée. Le personnel craint également la fermeture d’une des deux lignes de SMUR de l’hôpital et la perte de personnel qui s’ensuivrait.

Malgré les assignations, la grève est active : piquet de grève, chanson comme celle-ci : « C’est évident, on n’a pas le temps, on n’en peut plus d’courir partout en brancardant. C’est fatigant, c’est éreintant et très usant, faudrait aimer travailler mal en souriant. »

Le 2 juillet, une délégation est montée à la manifestation parisienne pour se joindre aux autres urgentistes en grève.

« Du jamais vu », c’est ce qui se dit concernant cette grève. Le personnel veut engager une lutte qui permette les embauches nécessaires et l’augmentation du nombre de lits.

Correspondant LO