Hausse de l’électricité : de qui se moque-t-on ?

08 Mai 2019

« Le mode de calcul actuel des tarifs de l’électricité ne nous satisfait pas, a déclaré lundi 29 avril François de Rugy, le ministre de l’Écologie. Il ne permet pas aux Français de profiter du fait que l’énergie nucléaire a des coûts relativement constants. »

Alors que l’on se rapproche du 1er juin, jour où doit entrer en vigueur une hausse de 5,9 % des tarifs de l’électricité, le gouvernement n’oublie pas que c’est une augmentation du prix des carburants qui avait en premier soulevé la colère des gilets jaunes. La hausse des tarifs de l’électricité prévue pour le mois de juin pourrait en effet amener une perte de pouvoir d’achat de 100 à 150 euros par an, impossible à assumer pour des familles aux revenus modestes. Et, pour tenter de désamorcer une possible recrudescence de la mobilisation, de Rugy cherche donc à tempérer et annonce qu’il envisagerait un nouveau mode de calcul des tarifs de l’électricité pour 2020. Demain on rase gratis, dit un vieil adage.

Deux associations de consommateurs, UFC Que choisir ? et la CLCV, dénoncent la hausse de 5,9 % des tarifs de l’électricité proposée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), un organisme nommé par le gouvernement, et estiment qu’elle ne devrait pas dépasser 2,9 %. En fait, la CRE cherche à favoriser les fournisseurs d’électricité privés concurrents d’EDF, qui sont des investisseurs financiers ne produisant eux-mêmes aucune énergie et se contentant de l’acheter à prix de gros à EDF ou à l’étranger (où elle est plus chère) avant de la revendre à des particuliers. La CRE se base donc sur ces calculs pour imposer une hausse supérieure de 3 % à ce qu’elle aurait dû être.

À en croire les défenseurs du système capitaliste, la concurrence serait favorable aux consommateurs, en permettant de baisser le prix de vente des marchandises. Le raisonnement du CRE, et du gouvernement qui se cache derrière ce sigle, démolit cette fable en l’inversant, puisqu’il faudrait payer l’électricité plus cher afin de sauvegarder les concurrents d’EDF !

Marianne LAMIRAL