Collège République - Bobigny : mobilisation contre des sanctions

08 Mai 2019

Plusieurs enseignants, tous syndiqués SUD et CGT du collège République de Bobigny en Seine-Saint-Denis, ont appris, le 28 mars, par lettre recommandée qu’ils faisaient l’objet de mutations forcées par l’administration de l’Éducation nationale.

Ces mutations sont un nouvel exemple des sanctions prévues dans le projet de Loi « pour une école de la confiance » du ministre Blanquer. Il tente d’imposer aux personnels un devoir de réserve, espérant que cela fera taire leur légitime contestation.

En effet, la lettre reçue par les enseignants sanctionnés invoque pour deux enseignants le motif d’avoir manqué à leur devoir d’« exemplarité » évoquée à l’article 1 du projet. Être exemplaire, pour le ministre, signifierait-il accepter une école au rabais ? Concernant les deux autres enseignantes, elles doivent être mutées « pour l’intérêt du service », selon la formule du rectorat. Quel intérêt le service aurait-il à se priver de ces enseignantes qui venaient de se voir attribuer la classe exceptionnelle pour la qualité de leur travail ?

En service pour trois d’entre eux depuis 18, 22 et 27 ans dans ce collège classé REP + (réseau d’éducation prioritaire), ces enseignants n’ont cessé de dénoncer et de combattre les politiques d’économies qui se sont succédé et ont fait le choix militant de rester dans cet établissement difficile. Mobilisés depuis le 28 mars avec des dizaines de collègues et des soutiens extérieurs, un collectif très actif et déterminé à faire annuler ces sanctions s’est formé. Il a organisé plusieurs journées de grève, des rassemblements, un blocus avec des parents, des points fixes aux manifestations, une caisse de grève, une pétition et des vidéos sur les réseaux sociaux pour faire pression sur l’administration.

Toutes ces actions ont fait reculer l’administration qui a reporté la commission administrative paritaire académique donnant notamment un avis sur les mutations, sans donner de nouvelles dates.

Les soutiens de ces enseignants restent mobilisés pour l’arrêt définitif de ces sanctions.

Correspondant LO