Éducation nationale : une attaque de plus

17 Janvier 2019

Presque tous les syndicats enseignants ont lancé un appel à la grève pour jeudi 24 janvier, contre les réformes des lycées généraux, technologiques et professionnels.

Pour l’instant, ce sont les débuts de l’application de ces réformes qui sont discutés dans les salles des professeurs, parmi les parents et les jeunes. L’ambition affichée par le gouvernement est que chaque jeune puisse définir son parcours, choisir ses matières, et qu’on mette fin à l’hégémonie d’un baccalauréat scientifique qui représentait le sésame pour toutes les formations ou presque. Mais, entre cela et la réalité, il y a un fossé.

Le résultat est que de nombreux lycées reproduisent à l’identique les filières de baccalauréats qu’ils assuraient et ne se préoccupent pas de laisser des choix plus grands aux élèves. Car cela demanderait des moyens supplémentaires, alors que le gouvernement engage cette réforme avec pour objectif essentiel de réduire le nombre de postes. Une des conséquences est que les classes seront toutes au moins à trente-cinq élèves. Même les enseignants qui pouvaient être sensibles aux objectifs affichés du ministère se rendent compte que ces réformes ne sont que des prétextes pour faire des économies.

Dans les lycées professionnels, de même, l’objectif est de maximiser le nombre d’élèves par classe, au moins dans les matières générales dont les heures sont diminuées.

Les réformes sont des habillages plus ou moins sophistiqués, spécifiques à l’Éducation nationale, qui visent surtout à réduire le budget. La succession de journées d’action n’est pas un moyen suffisant pour combattre la politique du gouvernement. Elles permettent au moins d’affirmer la nécessité des embauches et des hausses de salaire pour tous. Elles rappellent que le problème de la collectivité scolaire est celui de tous les services publics et, au-delà, des salariés.

Inès Rabah